Infrastructures

60 milliards FCFA de l’AFD annoncés pour renforcer la lutte contre les inondations à Douala

La capitale économique du Cameroun devrait bénéficier en 2026 d’un prêt de 60 milliards FCFA de l’Agence française de développement (AFD) destiné à financer de nouveaux travaux de drainage et de lutte contre les inondations. Ce financement, qui s’inscrit dans la continuité du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), reste à formaliser par une convention dont la date n’est pas encore précisée. Il vise à répondre à un problème devenu récurrent dans une ville où les pluies diluviennes transforment chaque saison des quartiers entiers en véritables marécages.

Les résultats des précédents décaissements du C2D, estimés à près de 12 milliards FCFA, sont tangibles : plus de 35 km de drains bétonnés, une cinquantaine de ponts et passerelles, ainsi que des milliers d’arbres plantés pour renforcer la résilience urbaine. Ces aménagements ont déjà bénéficié à plus de 600 000 habitants, mais leur impact reste limité face à la croissance démographique rapide et au désordre urbanistique qui fragilisent Douala. Le nouveau financement devrait permettre la construction de drains supplémentaires dans le bassin versant de Tongo Bassa, ainsi que des interventions sur plusieurs ravines critiques.

Cependant, l’annonce soulève aussi des interrogations. Si l’AFD se positionne comme partenaire technique et financier, la capacité des autorités locales à assurer l’entretien des ouvrages reste incertaine. Nombre d’infrastructures déjà réalisées se dégradent faute de maintenance, réduisant à néant des investissements coûteux. De plus, les habitants dénoncent régulièrement l’absence de concertation réelle et la lenteur des travaux, qui peinent à suivre le rythme des urgences climatiques.

Au-delà des chiffres, c’est donc la gouvernance urbaine qui est en jeu. Les 60 milliards FCFA annoncés ne suffiront pas à eux seuls à protéger Douala si les pratiques de gestion, de planification et de contrôle de l’occupation des sols ne changent pas. Car tant que les constructions anarchiques bloqueront les drains et que les projets resteront tributaires d’appuis extérieurs, la ville continuera à subir inondations et dégâts, malgré les milliards investis.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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