Cameroon

Arrestation de Djeukam Tchameni et Anicet Ekane : l’Union pour le Changement dénonce un “enlèvement politique” et appelle à la mobilisation nationale

La tension politique monte d’un cran au Cameroun après l’arrestation jugée “violente et arbitraire” de deux figures de l’opposition, Djeukam Tchameni et Anicet Ekane, survenue le 24 octobre 2025 à Yaoundé. Dans un communiqué rendu public le même jour, l’Union pour le Changement (coalition qui a soutenu la candidature de Issa Tchiroma Bakary à la présidentielle d’octobre) accuse les forces de sécurité d’avoir procédé à de véritables “enlèvements politiques”. Selon ce texte, des hommes armés, soupçonnés d’appartenir au Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), auraient fait irruption au domicile de Djeukam Tchameni avant de le conduire vers une destination inconnue. Quelques heures plus tard, Anicet Ekane, président du MANIDEM, aurait à son tour été arrêté dans des conditions similaires.

Aucune autorité n’a, pour l’heure, communiqué sur ces interpellations, ni confirmé le lieu de détention des deux hommes. Une absence d’information qui alimente les soupçons de disparition forcée et suscite de vives inquiétudes au sein de la classe politique. L’Union pour le Changement parle d’un “crime grave au regard du droit international”, dénonçant un régime “aux abois” incapable d’accepter la victoire du changement portée, selon elle, par le peuple camerounais lors du scrutin d’octobre. Les proches de Tchameni et d’Ekane redoutent pour leur sécurité, d’autant plus que les deux militants seraient, d’après le communiqué, dans un état de santé fragile nécessitant un suivi médical régulier.

Dans un ton résolument combatif, la coalition exige leur libération immédiate et sans condition, ainsi que celle de tous les “prisonniers politiques” arrêtés depuis l’élection présidentielle. Elle appelle en outre à la mise en place d’une enquête internationale indépendante sur ce qu’elle qualifie de “répression en cours”. Le communiqué réclame également que les détenus puissent recevoir la visite de leurs médecins et accéder à leurs traitements, tout en dénonçant le retour à “la tyrannie et à la terreur d’État”.

En guise de riposte citoyenne, l’Union pour le Changement convie la population à une marche pacifique nationale le dimanche 26 octobre à 15 heures. L’objectif : défendre la victoire “confisquée” de Issa Tchiroma Bakary et rappeler que “le peuple reste souverain”. L’appel, signé par Louis Kaptue, se veut un cri d’alarme autant qu’un acte de défi face au pouvoir. Dans un pays où la peur semble avoir longtemps muselé la parole publique, le mouvement espère rallumer la flamme d’une mobilisation unie et déterminée. “Le peuple n’abdiquera pas”, conclut le communiqué, comme un avertissement à ceux qui croient encore possible de gouverner contre le vent du changement.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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