Le lieutenant-colonel Bialo, 35e témoin dans l’affaire Martinez Zogo, a achevé sa déposition lundi 26 octobre 2026 à 21h, devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Sa journée a été marquée par les contre-interrogatoires de plusieurs accusés, notamment Eko Eko, Justin Danwé, Saiwang Yves et Tongué, avant la réexamination du témoin par le commissaire du gouvernement, le lieutenant-colonel Dr Atemengue Eric.
Eko Eko a ouvert les débats en interrogeant le témoin sur les vidéos que Justin Danwé aurait présentées. Le lieutenant-colonel Bialo a précisé qu’il n’avait pas personnellement visionné ces vidéos et que ses déclarations reposaient sur les propos de Danwé. Il a reconnu ne disposer d’aucune autre preuve testimoniale, numérique ou documentaire pour étayer ces affirmations.
Sur l’éventualité d’une coupure du réseau, le témoin a été catégorique : il n’y en a « jamais eu ». Il s’est notamment appuyé sur la déposition de Lenfu Johnson, qui fait état d’un SMS envoyé à 20 heures. Il a toutefois reconnu que l’hypothèse d’une interruption de la connexion internet, évoquée par le juge Sikati ou l’expert Ouloumo, n’était qu’une piste parmi d’autres.
Les échanges ont également porté sur les liens présumés entre Eko Eko et Amougou Belinga. Le colonel Bialo a affirmé que ni Danwé ni aucun autre témoin n’avait confirmé l’existence de tels liens. Selon lui, le nom d’Amougou Belinga n’avait pas été évoqué au cours de l’enquête avant que l’accusé lui-même ne le mentionne.
Au fil du contre-interrogatoire, le témoin a été confronté à une succession de questions relatives aux perquisitions, aux gardes à vue et à d’éventuelles missions de la Présidence. À plusieurs reprises, il a répondu : « Je n’ai pas de réponse à cette question », ou encore : « Je ne sais pas de quoi vous parlez » et « Je n’en sais rien ». Concernant l’interpellation de l’épouse de l’accusé, il a assuré que le Service central de recherche judiciaire n’y avait jamais procédé.
La séance a également été marquée par deux incidents. Une objection soulevée par Maître Tchoungang et retenue par le Tribunal a contraint Eko Eko à reformuler l’une de ses questions. Plus tard, Maître Claude Assira a dénoncé la répétition des mêmes interrogations depuis près de trois heures et demandé au président du Tribunal de mettre un terme à ces lenteurs.
L’audience, suspendue à 16h55 pour permettre à Eko Eko de souffler, a repris à 18h05 avec la poursuite de son contre-interrogatoire. Justin Danwé a ensuite pris le relais.
Interrogé sur ses échanges privés avec le directeur général des impôts, Mopa, le colonel Bialo a déclaré que ces conversations ne faisaient apparaître aucun lien avec Martinez Zogo. Il a également affirmé que, si Ndi Mbarga soutenait que le matériel d’interception n’avait pas été utilisé, « c’est que c’est vrai ».
La déposition du lieutenant-colonel Bialo s’est ainsi achevée après une journée de questions portant notamment sur les éléments de preuve, les communications et les pistes explorées dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
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