Après la publication de notre analyse sur le positionnement politique de Cabral Libii et les interrogations entourant la gestion de ses procès-verbaux électoraux, le président du PCRN a choisi de répondre indirectement. Plutôt que de s’adresser directement à MMINews, il a partagé un article signé Billy Kolla, journaliste dont la proximité avec sa formation politique est connue, publié sur CameroonPress.
Dans son message, Cabral Libii salue une prétendue « réplique déontologiquement neutre » et dénonce ce qu’il présente comme une « adversité politique » habituelle de MMINews. Une sortie qui, au-delà de son ton, pose une question essentielle : pourquoi mobiliser une réponse par procuration lorsqu’il suffit de répondre aux interrogations précises soulevées par un média ?
MMINews n’a jamais reproché à Cabral Libii de disposer d’une stratégie politique différente de celle d’autres acteurs de l’opposition. Notre interrogation porte sur un point concret : pourquoi affirme-t-il avoir mis ses procès-verbaux à la disposition de l’entourage de Maurice Kamto en 2018 pour contribuer à la recherche de la vérité électorale, tout en ne l’ayant pas fait en 2025 dans le contexte de la contestation portée par Issa Tchiroma Bakary ?
Cette question ne constitue ni une accusation de collusion ni une condamnation anticipée. Elle découle d’une comparaison entre deux situations évoquées par l’intéressé lui-même.
Dans son article, Billy Kolla reconnaît d’ailleurs que cette interrogation est légitime. Il soutient cependant que l’absence de transmission des procès-verbaux au camp de Tchiroma ne prouve aucune complicité avec le pouvoir. C’est précisément là que se situe la difficulté : MMINews n’a pas affirmé que le refus de transmettre ces documents constituait, à lui seul, une preuve de collusion. Nous demandons à Cabral Libii d’expliquer la différence de traitement entre les deux épisodes.
Répondre à une question sur la cohérence d’une démarche politique par une dénonciation de « procès d’intention » revient à déplacer le débat.
L’article de CameroonPress consacre également de longs développements au caractère prétendument non établi de la victoire d’Issa Tchiroma Bakary. Il rappelle qu’une revendication n’est pas un résultat officiel et qu’une estimation ne remplace pas les procès-verbaux.
Sur le principe, personne ne peut contester l’importance de la preuve documentaire dans une élection. Mais cette remarque ne répond toujours pas à la question de MMINews.
Notre propos ne consistait pas à demander à Cabral Libii de proclamer juridiquement la victoire de Tchiroma. Il s’agissait de comprendre pourquoi, dans un contexte où une partie importante de l’opposition et plusieurs observateurs contestaient les résultats annoncés, il n’avait pas choisi de mettre ses propres documents électoraux à la disposition des acteurs engagés dans la recherche de la vérité.
Si les procès-verbaux ne permettent pas d’établir une victoire, leur examen peut justement contribuer à clarifier les faits. Refuser de les partager est un choix politique. Il peut être légal, mais il demeure légitimement discutable.
Billy Kolla présente MMINews comme un média ayant soutenu Maurice Kamto en 2018, puis Issa Tchiroma Bakary en 2025. Cette lecture réductrice ne résiste pourtant pas à l’examen des archives.
MMINews a été l’un des premiers médias en ligne à offrir à Cabral Libii une tribune de plus de deux heures afin qu’il présente son offre politique, ses convictions et son projet pour le Cameroun. Notre média a également couvert sa campagne présidentielle dans plusieurs localités, dès la période de précampagne, en relayant ses activités et ses prises de position.
Ces éléments sont consultables sur notre site et sur nos différentes plateformes. Ils démontrent que MMINews n’a pas attendu la présente polémique pour s’intéresser à Cabral Libii, ni pour donner à son discours une place dans le débat public.
Couverture médiatique, interview et traitement éditorial ne signifient pas adhésion politique. Un média peut donner la parole à un candidat, couvrir sa campagne et, plus tard, questionner ses choix. C’est précisément le rôle du journalisme.
Le plus surprenant dans cette affaire est que Cabral Libii, directement interpellé, n’a pas répondu aux questions qui lui étaient adressées. Il a préféré partager un texte dont l’auteur consacre l’essentiel de son argumentation à défendre son bilan et à mettre en cause les intentions supposées de MMINews.
Or, l’article de Billy Kolla ne fournit aucun élément nouveau sur la transmission des 11 000 procès-verbaux évoqués pour 2018. Il ne produit ni preuve de remise, ni correspondance, ni inventaire, ni témoignage permettant de trancher la controverse. Il ne clarifie pas davantage pourquoi les documents de 2025 n’ont pas été communiqués au camp de Tchiroma.
Sur ces points, les questions restent donc entières.
Le débat aurait gagné en sérieux si Cabral Libii avait présenté des éléments vérifiables, expliqué ses décisions et assumé directement ses choix. La publication d’un article défensif ne saurait se substituer à une réponse de fond.
Dans son message, Cabral Libii évoque le « repreneur, infographiste bien connu à Douala » de la version française de MMINews. Cette désignation personnelle, associée à l’accusation d’adversité politique, peut être perçue comme une tentative d’intimidation ciblée.
MMINews rappelle que son travail ne repose pas sur une seule personne. Notre rédaction compte des journalistes et des collaborateurs présents dans différentes régions du Cameroun ainsi que dans la diaspora. Notre ligne éditoriale ne dépend ni d’un individu ni des pressions d’un responsable politique.
Nous continuerons à poser des questions, à vérifier les faits et à donner la parole aux acteurs concernés, y compris à Cabral Libii. Mais cette ouverture ne signifie pas que nous renoncerons à examiner les incohérences ou à demander des comptes sur des déclarations publiques.
Au fond, le sujet demeure inchangé : pourquoi Cabral Libii affirme-t-il avoir voulu contribuer à la recherche de la vérité électorale en 2018, mais n’a-t-il pas adopté la même démarche en 2025 ?
Cette question mérite une réponse directe, documentée et assumée. Les attaques contre MMINews, les procès d’intention et les réponses par procuration ne suffiront pas à la faire disparaître.
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