Africa

Cameroun–Tchad : un accord de défense signé à Yaoundé face aux menaces régionales

Le Cameroun et le Tchad ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération militaire, mardi 23 septembre 2025, en signant à Yaoundé un accord de partenariat de défense. L’acte a été paraphé par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, et son homologue tchadien, le général Issakha Malloua Djamous, en présence de hauts responsables militaires et sécuritaires des deux pays. L’accord se veut une réponse directe aux menaces persistantes dans le bassin du lac Tchad, où Boko Haram, le trafic d’armes et les groupes criminels continuent de mettre en péril la stabilité sous-régionale.

Lors de la cérémonie, le ministre camerounais a présenté ce partenariat comme un outil de sécurité collective et un renforcement de la coopération au sein de la Force multinationale mixte. Joseph Beti Assomo a rappelé que les armées des deux pays sont en première ligne face à l’insécurité transfrontalière, et a lié l’initiative à la vision sécuritaire prônée par Paul Biya et Mahamat Idriss Déby. Pour Yaoundé, il s’agit de renforcer les capacités opérationnelles conjointes et de donner un signal fort de fermeté dans la lutte contre les menaces communes.

Mais derrière le protocole et les discours officiels, des interrogations demeurent. Le Cameroun et le Tchad, bien qu’alliés dans la lutte contre Boko Haram, traversent chacun des tensions politiques et sociales internes qui fragilisent leur appareil militaire. Les promesses de coopération régionale, souvent répétées depuis des années, peinent encore à se traduire en résultats tangibles pour les populations des zones frontalières, où la peur et l’insécurité restent le quotidien. L’appel du ministre tchadien à intensifier les efforts dans la zone des trois frontières (Cameroun–Tchad–Centrafrique) illustre d’ailleurs les limites actuelles des dispositifs existants.

Cet accord, présenté comme historique, ne sera crédible que s’il dépasse le cadre des signatures solennelles et des hymnes officiels. La véritable épreuve résidera dans sa mise en œuvre concrète, la mutualisation effective des moyens et la capacité des deux États à affronter ensemble des menaces qui ignorent les frontières. Sans cela, il risque de rejoindre la longue liste des engagements militaires africains restés lettre morte.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

Recent Posts

Les notables Boneleke sonnent la charge contre le gouverneur et le « sacre » de « King Akwa »

Le collège des notables de Boneleke, qui se dit coutumièrement compétent pour choisir le chef…

3 hours ago

Maroua: New Mechanical Sweeper Faces the Persistent Challenge of Insanitary Conditions

The fight against insanitary conditions in Maroua is taking a new step with the arrival…

7 hours ago

Why Cameroon does not celebrate 1 October as Reunification Day

Sixty-five years after reunification, Cameroon gives its main national celebration to the constitutional change that…

1 day ago

Limbe Pastor Arrested for Allegedly Beating 13-year-old Girl to Death

A Limbe-based pastor, Mbah Michael, founder of Christ Accomplishment Ministry International, has been arrested in…

1 day ago

Crise anglophone : sept ans après, l’appel de Michelle Bachelet à un dialogue constructif reste d’actualité

À l'occasion du 1er octobre, La Nouvelle Expression ressort l'appel lancé en octobre 2019 par…

1 day ago

65 Years On: Why October 1 Means More to Anglophone Cameroonians

Today marks 65 years since the English-speaking regions of Cameroon (formerly Southern Cameroons) got independence…

1 day ago