Sport

Corruption, détournement, conflits d’intérêts : Samuel Eto’o sous pression judiciaire

Visé par une série de plaintes déposées devant le MINSEP, la FIFA et la CAF, Samuel Eto’o voit sa présidence de la FECAFOOT fragilisée. Fraude fiscale, détournement présumé de fonds et conflits d’intérêts figurent parmi les accusations qui secouent le football camerounais à quelques mois de la Coupe du monde 2026. Un collectif d’acteurs du football camerounais, représenté par l’avocat international Emmanuel Nsahlai, a déposé une série de plaintes visant la gestion de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), présidée par Samuel Eto’o. Les recours, adressés au ministère des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP), à la Commission d’éthique de la FIFA et à la Confédération africaine de football (CAF), visent à obtenir plus de transparence et de bonne gouvernance au sein de l’institution.

Les accusations portées sont lourdes. Elles évoquent la condamnation de Samuel Eto’o en Espagne pour fraude fiscale (22 mois de prison avec sursis), des soupçons de corruption et de manipulation de matches, un conflit d’intérêts lié à son contrat d’ambassadeur avec la société de paris 1xBet, ainsi qu’un détournement présumé d’environ 1,5 million de dollars issus de matches amicaux internationaux (Cameroun–Mexique, Cameroun–Russie, Cameroun–Corée). Le collectif dénonce également la suspension de dix ans du membre du Comité exécutif Guibai Gatama, présentée comme une manœuvre pour réduire l’opposition interne, ainsi que des modifications statutaires jugées destinées à verrouiller l’accès à la présidence de la FECAFOOT.

« Il ne s’agit pas d’attaquer Samuel Eto’o la légende, dont la carrière reste intouchable. Il s’agit de garantir que la gouvernance du football camerounais reflète les valeurs d’excellence, d’intégrité et de fair-play qu’il a incarnées sur le terrain », a déclaré Me Emmanuel Nsahlai, affirmant agir pour défendre une fédération au service des joueurs et des supporters, et non des intérêts particuliers.

À l’approche de la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, ces révélations prennent une dimension internationale. Pour les plaignants, la multiplication des accusations de corruption et de détournement fragilise non seulement la FECAFOOT, mais aussi la crédibilité de la FIFA et de la CAF. Des dossiers et preuves documentaires ont d’ores et déjà été transmis à Transparency International ainsi qu’à des procureurs américains, signe que l’affaire pourrait dépasser le cadre camerounais et peser sur l’image du football mondial.

Gilles Noubissi

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