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Crise anglophone : sept ans après, l’appel de Michelle Bachelet à un dialogue constructif reste d’actualité

À l’occasion du 1er octobre, La Nouvelle Expression ressort l’appel lancé en octobre 2019 par Michelle Bachelet, alors Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, en faveur d’un dialogue constructif au Cameroun. Le quotidien parle d’un plaidoyer resté sans suite à ce jour.

Le 8 octobre 2019, à Genève, Michelle Bachelet s’était félicitée de la libération d’une centaine d’acteurs politiques, dont l’opposant Maurice Kamto. Le président Paul Biya avait annoncé cette mesure le 4 octobre, la veille de la sortie de prison de l’intéressé, arrêté le 28 janvier 2019. Il avait aussi ordonné, le 3 octobre, la libération de 333 personnes arrêtées dans le contexte du conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Ces décisions étaient intervenues à l’issue du Grand dialogue national, tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019.

La responsable onusienne avait alors dit espérer que cette décision ouvrirait la porte à un dialogue de long terme, pour permettre au Cameroun de s’attaquer aux causes profondes et aux griefs d’une partie de la population qui se sentait exclue. Elle avait aussi invité l’opposition et les groupes armés à rejoindre les autorités dans la réconciliation, et assuré que son bureau restait disponible pour accompagner le pays. Elle s’était rendue au Cameroun du 1er au 4 mai de la même année.

Le Grand dialogue avait notamment recommandé un statut spécial pour les deux régions anglophones, dans le cadre de la décentralisation. Selon plusieurs observateurs, ces décisions n’ont été appliquées que partiellement. Maurice Kamto avait pour sa part qualifié ce dialogue de « mascarade » en 2021.

La crise, déclenchée en octobre 2016 par des revendications d’avocats, entre dans sa dixième année. Il n’existe pas de bilan humain faisant l’unanimité. Les violences se sont poursuivies en 2026. Le 14 janvier, une attaque à Gidado, dans la Donga-Mantung, a fait quatorze morts, dont sept enfants, selon le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique. Le 8 septembre, des hommes armés ont attaqué l’École normale d’instituteurs de Wum, tuant un commissaire principal de police et enlevant cinq enseignants.

Les autorités continuent de promouvoir le dialogue. Le 28 septembre 2026 à Buea, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a présidé un dialogue communautaire pour la paix dans le Sud-Ouest. Il a plaidé pour le désarmement et la réintégration, annoncé un fonds d’appui au dialogue et présenté 25 anciens combattants. Selon des médias locaux, certains observateurs attendent des actes plutôt que de nouvelles réunions.

MMINews

Gilles Noubissi

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