Cameroon

Douala : imprudence d’un commerçant chinois, plus de 20 commerces réduits en cendres à Akwa

Un incendie d’une rare violence a ravagé un immeuble commercial au lieu-dit Douche municipale à Akwa, mercredi 30 juillet, provoqué, selon des témoignages concordants, par un commerçant d’origine chinoise qui manipulait une soudure à l’intérieur de sa boutique. L’homme, qui aurait catégoriquement refusé l’assistance proposée pour ses travaux, est introuvable depuis le drame. En quelques heures, le feu a englouti le bâtiment, laissant derrière lui des ruines fumantes et plusieurs dizaines de Camerounais brusquement précipités dans le chômage.

Sur le terrain, les images sont déchirantes : tôles tordues, vitrines calcinées, marchandises réduites en poussière noire. Le feu, attisé par des matériaux inflammables présents en masse dans les boutiques, a résisté aux efforts désespérés des riverains. Il a fallu l’arrivée en renfort des sapeurs-pompiers, qui ont mobilisé cinq camions-citernes, pour enfin contenir les flammes. Mais le mal était déjà fait : le bâtiment complètement ruiné, emportant avec lui des années d’investissement, de sueur et de sacrifices.

La colère monte chez les commerçants et les riverains, qui dénoncent l’irresponsabilité du présumé auteur, et l’absence de contrôle des activités à risque dans les espaces commerciaux mixtes. « Comment peut-on souder sans aucune mesure de sécurité, dans un immeuble où l’on vend des vêtements, des produits cosmétiques et de l’électronique ? », fulmine un commerçant sinistré. Pour nombre d’observateurs, cet incendie met une fois de plus à nu la faiblesse des dispositifs de prévention des risques urbains, dans une ville où les normes sont rarement respectées.

Dans ce chaos, une lueur de soulagement : l’agence de voyage Finexs, mitoyenne du bâtiment sinistré, a échappé de peu au désastre grâce à la réactivité de ses employés qui ont rapidement éliminé tout point de contact potentiel avec le feu. À 18 heures, les dernières fumées s’élevaient encore dans le ciel de Douala, témoins silencieux d’un drame évitable, qui pose une fois de plus la question de la responsabilité et de la régulation des activités à haut risque en milieu urbain.

Gilles Noubissi

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