Cameroon

Hiram Iyodi propose une rentrée scolaire au mois de janvier

Lors d’une interview accordée à Bnews1, le candidat à la présidentielle Samuel Hiram Iyodi a plaidé pour une réforme en profondeur du calendrier scolaire camerounais. Selon lui, l’actuel système, hérité de la colonisation, ne correspond ni aux réalités climatiques ni aux besoins économiques du pays. L’homme politique estime que l’année scolaire devrait désormais commencer en janvier et s’achever en septembre ou octobre.

Interrogé par le journaliste Joly Koum, il a justifié sa proposition en insistant sur les enjeux climatiques, économiques et identitaires. Voici l’intégralité de l’échange :

Joly Koum : Vous avez un problème avec le calendrier scolaire actuel ?

Samuel Hiram Iyodi : Oui, j’ai un problème avec les saisons, et nous devrions tous en avoir. Nous ne réalisons pas à quel point nous sommes toujours enfermés dans un système néo-colonial.

Joly Koum : Que proposez-vous concrètement ?

Samuel Hiram Iyodi : Je propose que la rentrée scolaire ait lieu en janvier. Dans tous les pays du monde, les grandes vacances coïncident avec la saison sèche. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord des raisons économiques : cela permet de stimuler l’activité touristique. C’est pendant cette période que les enfants et les parents circulent à travers le pays. Ensuite, il y a des raisons liées au climat. Aujourd’hui, nous avons nos vacances en pleine saison des pluies, un héritage du système colonial. À l’époque, les administrateurs coloniaux calquaient leur calendrier sur l’été européen afin de rentrer voir leur famille. Ce calendrier n’a aucun sens pour nous.

Joly Koum : Donc, selon vous, l’année scolaire devrait être réorganisée ?

Samuel Hiram Iyodi : Absolument. Elle devrait commencer à la mi-janvier et s’achever fin septembre ou début octobre au plus tard. Ainsi, en octobre, novembre et décembre, nos enfants pourraient profiter des vacances pour participer aux championnats de vacances, travailler au soleil, s’engager dans des activités éco-touristiques et développer leurs capacités extrascolaires. Ce serait aussi un moyen de doper notre économie touristique.

Joly Koum : Mais avez-vous pris en compte les changements climatiques ?

Samuel Hiram Iyodi : Oui. Quelle que soit la région du Cameroun, c’est à cette période de l’année que les précipitations sont les plus faibles, même si le climat change. L’essentiel est de choisir les mois où la pluviométrie est la plus basse.

Joly Koum : Pensez-vous vraiment que les saisons posent un problème aussi important ?

Samuel Hiram Iyodi : Bien sûr, parce qu’elles ont un impact économique majeur. Ce n’est pas un hasard si dans les autres pays, les grandes vacances se déroulent en été.

Joly Koum : Certains pourraient dire que vous cherchez simplement à transposer ce qui se fait ailleurs.

Samuel Hiram Iyodi : Justement, non. Aujourd’hui, nous suivons les autres sans réfléchir à nos réalités. Pourquoi nos vacances scolaires devraient-elles être calquées sur les réalités économiques et climatiques d’autres pays ? C’est une logique néo-coloniale. Nos calendriers sont restés adaptés à une économie qui faisait de nos pays de simples réservoirs de matières premières. Il est temps de s’en libérer.

Joly Koum : Concrètement, quel est votre appel ?

Samuel Hiram Iyodi : Que les Camerounais conçoivent enfin leur pays à partir de zéro. C’est à nous de décider ce que le Cameroun doit devenir. Et cela passe par une réforme de l’économie et de l’éducation pour accompagner cette transformation.

Gilles Noubissi

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