Le Mouvement Debout Contre la Dépénalisation de l’Homosexualité dans notre pays (DDHP) a déposé auprès du Conseil constitutionnel une requête demandant le retrait des candidatures de Paul Biya, Maître Akere Tabeng Muna, Hiram Samuel Iyodi, ainsi que du parti Univers, dirigé par le professeur Prosper Nkou Mvondo. Ces personnalités et formations politiques sont accusées par le mouvement de « promotion de l’homosexualité » et de « haute trahison » dans le cadre de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025.
Dans un document de 12 pages, accompagné de vidéos et de captures d’écran présentées comme preuves, le DDHP justifie sa demande en invoquant l’article 347-1 du code pénal camerounais, introduit par la loi n°2016/007 du 12 juillet 2016, qui réprime la promotion de l’homosexualité. Le mouvement s’appuie également sur l’article 53 (nouveau) de la Constitution du 18 janvier 1996, relatif aux obligations du président de la République à faire respecter la loi.
Le DDHP affirme agir au nom de la société civile et déclare que « la période de la colonisation est passée » et que « le Cameroun doit désormais affirmer sa souveraineté dans sa totalité ». Selon ses responsables, « ceux qui appellent à la dépénalisation de l’homosexualité dans notre pays ne peuvent pas être à la tête du Cameroun ».
Cette initiative intervient à un moment où la campagne électorale s’annonce tendue. Si certains observateurs considèrent la requête comme une tentative d’exclusion politique, d’autres estiment qu’elle reflète la persistance d’un clivage profond au sein de la société camerounaise sur la question de l’homosexualité et de son traitement par la loi.
Joint par l’équipe de MMI pour confirmer l’authenticité de cette requête, Patrice Christ Guijol, président du mouvement, a validé l’information. Selon lui, les quatre candidats visés ont tenu des propos ou adopté des positions laissant penser que l’homosexualité pourrait être légalisée au Cameroun s’ils étaient élus le 12 octobre prochain. « Sur un plateau de télévision, le professeur Nkou Mvondo n’a pas condamné la dépénalisation de l’homosexualité lorsqu’on lui a posé la question », a-t-il déclaré, citant également les cas de Maître Akere Muna et de Hiram Samuel Iyodi.
Concernant le président Paul Biya, Patrice Christ Guijol évoque une déclaration faite en France en 2013, dans laquelle le chef de l’État affirmait qu’il était ouvert au dialogue et que « la majorité l’emporterait ». Le président du DDHP reproche également au gouvernement de n’avoir pas donné suite aux plaintes déposées contre l’ancienne footballeuse internationale Gaëlle Enganamouit et Brenda Biya, dont des vidéos à caractère homosexuel avaient circulé, en dépit des dispositions du code pénal camerounais.
À la question de savoir si son mouvement privilégiait un candidat, Patrice Christ Nguijol a répondu que Serge Espoir Matomba, premier secrétaire du PURS, est selon lui le seul à avoir « clairement condamné l’homosexualité », ce qui lui vaut le « soutien indéfectible » du DDHP. Le mouvement dit néanmoins militer pour une candidature unie de l’opposition afin de challenger celle du président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans.
Le Conseil constitutionnel, seul habilité à valider ou invalider les candidatures, devra examiner la requête du DDHP dans les délais prévus par la loi. Bien que la démarche intervienne tardivement dans le processus, le mouvement affirme rester confiant et appelle l’institution à « agir en conscience ».
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