Human Interest/Society

Insalubrité: l’autre visage de la ville de Yaoundé

L’insalubrité a élu son siège à Yaoundé, la capitale. Les tas d’ordures s’entassent dans tous les coins de rues, coupant par endroit la chaussée en deux.  

Yaoundé, pas un pas sans un tas d’ordures. Depuis quelques mois, la capitale camerounaise ploie sous le poids d’une insalubrité généralisée. Au quartier Efoulan dans le troisième arrondissement de Yaoundé, au lieu-dit Efoulan Pont, un tas d’immondices a presque coupé la route en deux, créant un embouteillage entre les véhicules, les motos et les piétons. À quelques mètres de là, au lieu-dit Efoulan école, c’est le même rituel. Les ordures ont débordé le bac en béton construit par la communauté urbaine et se déversent désormais sur la chaussée. Les véhicules y sont obligés de ralentir. À quelques pas du côté opposé, un autre tas géant d’ordures a barré la ruelle qui jouxte l’école publique de ce quartier, forçant les piétons à créer une autre voie.  

Le quartier Efoulan n’est pas le seul qui vit cette situation. Presque toutes les agglomérations de la capitale camerounaise sont embarquées dans ce cycle infernal de saleté. Au quartier Damas, par exemple, un cadre dans une administration de la place raconte l’enfer qu’il y a vécu : « J’ai vécu l’enfer. Avant le rond-point Damase, le 8 mars, entre 10 h et 11 h ! Chantou sort de Mvomeka pour le boulevard du 20 mai. La circulation est figée.  Et ma voiture est coincée au beau milieu de la longue et géante poubelle qui a évidemment coupé la chaussée.  Le comble ! Seule ma vitre droite fonctionne, la gauche, côté poubelle, été bousillée par un conducteur de moto quelques minutes auparavant au niveau de Chapelle Nsimeyong. Donc, impossible de la remonter. Il fait une chaleur d’ananas. Je bois l’odeur de la poubelle. Je transpire jusqu’à l’Afrique australe », lance-t-il dans un groupe WhatsApp.

Ces ordures qui dégagent des odeurs pestilentielles dans toute la ville mettent en danger la santé des populations avec le risque accru de maladies comme le choléra, la dysenterie.

Il y a trois semaines, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, s’alarmait en plein conseil de cabinet, réunissant tout le gouvernement, de la situation de l’insalubrité de la ville.

Malgré les multiples alertes lancées par les internautes, la mairie de la ville chargée de gérer la question du ramassage des ordures ménagères dans la ville n’a pas pris de réelles mesures, prétextant le sous-financement des activités de collecte des ordures ménagères. Ce jour, quelques camions ont sillonné les artères de la ville pour collecter les ordures. En espérant que la question sera définitivement réglée.

Mimi Mefo Info

Joseph Essama

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