Le gouvernement RDPC espère enfin lancer, en 2025, les premiers travaux du tronçon T3 de la voie de contournement de Yaoundé grâce à un financement de 150 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette portion de 22,8 km, qui doit relier Nkozoa à l’autoroute Yaoundé-Douala via Minkoameyos, bénéficie également d’une subvention de 49 millions d’euros de l’Union européenne. Alors que le décret d’indemnisation a été signé et que les documents financiers sont en examen au Minepat, le Minhdu assure que le lot N°1, long de 13 km entre Nkozoa et Nkong, peut démarrer dès l’an prochain : si les engagements européens se confirment.
Pourtant, ces annonces s’inscrivent dans un historique de promesses non tenues. Depuis 2022, la ministre Célestine Ketcha Courtès répète que le projet est « sur le point de démarrer ». À l’époque, elle affirmait que toutes les conditionnalités seraient remplies et que les bailleurs décaresseraient les fonds avant fin 2023, après avoir obtenu l’assurance d’un appui de 175 milliards de FCFA lors d’un forum en Pologne. Mais depuis, les promesses se sont évaporées, les partenaires financiers gardent le silence et le chantier n’a jamais dépassé le stade des intentions.
Face à ces incertitudes, le Cameroun continue de démarcher de nouveaux partenaires. En juin 2025, Célestine Ketcha Courtès a participé au Forum international de la construction et de l’investissement des infrastructures à Macao, où elle a sollicité l’appui de la China Harbour Engineering Company (CHEC), déjà impliquée dans plusieurs projets stratégiques. Pékin se montre intéressé par l’idée d’accompagner la création d’une nouvelle ville moderne intégrée au tracé de la future rocade. Mais pour l’heure, aucune annonce concrète n’a suivi ces pourparlers, laissant planer un doute sur la capacité du gouvernement à diversifier ses sources de financement sans tomber dans la surenchère diplomatique.
Ce retard chronique pèse lourd sur un projet pourtant vital pour Yaoundé. La voie de contournement, longue de 85 km et estimée à 1 264 milliards de FCFA, doit désengorger une capitale étouffée par un trafic de transit venu du Tchad et de la RCA. Elle prévoit également l’aménagement de quatre zones urbaines intégrées destinées à transformer la périphérie de la ville. Mais si les financements continuent de se matérialiser au compte-gouttes, le risque est réel de voir ce projet emblématique rejoindre la longue liste des infrastructures annoncées avec éclat puis abandonnées dans les limbes administratives.
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