Cameroon

La commune de Nkongsamba 1er remporte le Concours Villes Propres 2025

Le palmarès 2025 du Concours national des Villes Propres a été dévoilé ce lundi 7 juillet à Bafoussam, et le constat est frappant : aucune commune issue de Yaoundé ou de Douala ne figure parmi les dix premières. Pourtant, ces deux villes sont censées incarner la vitrine politique et économique du Cameroun. À l’opposé, des communes comme Nkongsamba 1er (grande lauréate de cette édition avec 100 millions de francs CFA) et Bafoussam 2e, deuxième avec 70 millions, tirent leur épingle du jeu. La cérémonie s’est déroulée dans le cadre de la 39e Semaine de l’Habitat, présidée par la ministre Célestine Ketcha Courtès, représentante du chef de l’État.

Cette absence des deux principales métropoles du pays en dit long sur l’état réel de la gestion urbaine dans les grands centres. À Yaoundé comme à Douala, l’insalubrité est devenue une habitude : tas d’ordures à ciel ouvert, caniveaux bouchés, encombrement anarchique des espaces publics, marchés laissés à eux-mêmes… Malgré leur importance stratégique, ces villes continuent de souffrir d’un manque criant de planification et d’un désordre urbain qui semble hors de contrôle. Et le plus inquiétant, c’est que ce laxisme rejaillit désormais sur l’image du Cameroun à l’international.

À l’inverse, des communes souvent considérées comme secondaires, avec des budgets plus modestes, montrent qu’il est possible de faire mieux. Nkongsamba 1er, qui remporte cette année la première place, prouve qu’avec un minimum de volonté politique, une implication des citoyens et une gestion locale cohérente, des résultats concrets peuvent être atteints. D’autres communes comme Garoua 2e, Ebolowa 2e, Mayo-Darlé ou encore Ndu ont également été saluées pour leurs efforts sur le terrain.

Ce classement met en évidence un contraste flagrant entre le potentiel théorique des grandes villes et leur performance réelle. Il invite à une remise en question : comment les centres urbains censés représenter le pays peuvent-ils être à ce point dépassés sur des enjeux aussi basiques que la propreté et l’hygiène ? Et surtout, combien de temps encore le Cameroun pourra-t-il tolérer que ses capitales politique et économique renvoient au monde l’image d’un pays incapable de maîtriser l’essentiel de sa gestion urbaine ?

Gilles Noubissi

Recent Posts

Cameroun : cinq grandes figures des institutions décédées en 6 mois en 2026

Claude Juimo Monthé, Marcel Niat Njifenji, Alexis Dipanda Mouelle, Cavaye Yéguié Djibril et, désormais, Clément…

14 minutes ago

Clément Atangana dies at 85 after declaring Biya winner of disputed elections

Clément Atangana, the first president of Cameroon’s Constitutional Council and the man who announced Paul…

2 hours ago

Hans Ngala urges Dion Ngute and Bilai to address Anglophone grievances beyond disarmament

Hans Ngala, political affairs editor at Cameroon News Agency, has called on Prime Minister Joseph…

1 day ago

From Buea to FIFA: The Rise of Cameroonian Referee Nkemazem Vincent

By Tata Mbunwe When the names of Cameroonian referees at the top level of their…

1 day ago

Chad signs LaLiga partnership to develop football and support national academy

Chad’s Ministry of Youth and Sports has signed a multi-year partnership with Spain’s LaLiga to…

2 days ago

Les notables Boneleke sonnent la charge contre le gouverneur et le « sacre » de « King Akwa »

Le collège des notables de Boneleke, qui se dit coutumièrement compétent pour choisir le chef…

2 days ago