Cameroon

La douane camerounaise a saisi 45 kg de cannabis à la frontière avec le Nigeria

Dans une opération qui illustre la persistance du trafic transfrontalier entre le Cameroun et le Nigeria, la douane camerounaise a réalisé, le 20 juin dernier, une saisie record de 45 kilogrammes de cannabis à Ekok, localité frontalière du Sud-Ouest. C’est ce qu’a annoncé la Direction générale des douanes.

Selon les précisions de l’administration douanière, la drogue était savamment dissimulée dans des ballots de babouches, transportés à bord d’un car de transport en commun en provenance du Nigeria. L’opération, menée par la brigade mobile des douanes d’Ekok, s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale « Halte au commerce illicite » (Halcomi), une initiative lancée pour endiguer la contrebande et les trafics nuisibles à l’économie et à la sécurité publique.

Le propriétaire de la cargaison, de nationalité nigériane, a été interpellé sur les lieux. D’après les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, ce dernier aurait confié que le cannabis était destiné à plusieurs narco-trafiquants opérant à Douala, la capitale économique du pays. Aucune précision n’a été donnée pour l’instant sur l’identité de ces réseaux, mais une enquête a été ouverte.

Avec près de 1 500 km de frontière commune, le Cameroun et le Nigeria partagent une ligne frontalière longue et difficilement contrôlable, qui traverse des zones rurales, des forêts denses, et parfois même des territoires insécurisés. Une situation qui facilite non seulement le trafic de drogue, mais aussi celui des armes, des carburants, et de divers produits de contrebande.

Cette saisie, la plus importante de cannabis opérée depuis le début de l’année selon la douane camerounaise, met en lumière l’ampleur du défi sécuritaire auquel les autorités font face dans les zones frontalières.

Depuis le lancement de l’opération Halcomi, les douaniers camerounais ont renforcé les contrôles aux points de passage stratégiques. Outre le cannabis, ils saisissent régulièrement des médicaments de rue, des boissons frelatées, du carburant de contrebande et du riz introduit illégalement.

Pour l’administration douanière, il ne s’agit pas seulement d’une lutte contre la fraude fiscale, mais d’un combat pour la santé publique et la sécurité nationale.

Le dossier du trafic interfrontalier demeure l’un des angles morts des politiques de coopération sous-régionale. Malgré quelques accords bilatéraux signés ces dernières années, les réseaux criminels continuent d’exploiter les failles d’un contrôle territorial inégal, dopé par la pauvreté, la corruption et la faiblesse des infrastructures.

Alors que les saisies comme celle d’Ekok rappellent les efforts déployés sur le terrain, elles soulignent aussi une évidence : la lutte contre le trafic de drogue est encore loin d’être gagnée.

Gilles Noubissi

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