La fecafoot radie à vie un président de club.
La Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a frappé un grand coup en bannissant à vie Chatue Nitcheu Josué, président de Botafogo FC, formation de deuxième division. La décision, rendue publique par la commission d’éthique, sanctionne un « comportement inapproprié » révélé par une vidéo à caractère pornographique où l’on voit le dirigeant dans des pratiques sexuelles impliquant ses propres joueurs. Suspendu provisoirement en mai 2024, il est désormais définitivement écarté de toutes activités liées au football.
Cette affaire, qui avait éclaté après les révélations de l’activiste N’Zui Manto, avait choqué l’opinion publique et terni davantage l’image d’un football camerounais déjà en proie à de multiples crises. Les images et témoignages avaient mis en lumière des pratiques humiliantes, avec des accusations de rapports sexuels forcés sous l’autorité d’un président censé protéger ses joueurs. La sanction de la FECAFOOT apparaît comme un signal fort, mais soulève des interrogations sur l’ampleur réelle de ces abus et sur les complicités silencieuses qui ont permis à de tels agissements de durer.
Au-delà du bannissement sportif, beaucoup s’interrogent sur l’absence de la mention explicite « d’abus sexuel » dans le communiqué officiel. Pour nombre d’observateurs, la gravité des faits dépasse le cadre sportif et relève clairement du droit pénal. Le silence de la justice civile dans ce dossier nourrit ainsi le sentiment d’un traitement incomplet, voire complaisant, d’un scandale qui aurait pu briser à jamais la carrière et la dignité de jeunes footballeurs.
Ce nouvel épisode pose une fois encore la question de la gouvernance et de la protection des acteurs dans le football camerounais. Tant que les institutions sportives se contenteront de sanctions administratives sans coopération systématique avec la justice, les dérives risquent de se répéter. L’affaire Chatue Nitcheu Josué doit donc servir d’avertissement : le football camerounais ne pourra espérer se reconstruire sans une réelle tolérance zéro face aux abus et aux violences sexuelles.
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