Cameroon

Le Cameroun sollicite un prêt de 165 milliards FCFA auprès de la BID pour sauver l’axe Douala-Yaoundé

Face à la dégradation avancée de la route Douala-Yaoundé, véritable colonne vertébrale du réseau routier camerounais, le gouvernement a sollicité, un prêt de 165 milliards de FCFA auprès de la Banque islamique de développement (BID). Cette requête, signée par le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey, intervient alors que les plaintes des usagers se multiplient sur l’état catastrophique de cette nationale N°3, longue de 214 km, saturée, accidentogène et devenue un frein à la compétitivité économique du pays.

Le projet prévoit une réhabilitation en profondeur : renforcement de la chaussée, élargissement de sections critiques, aménagement de carrefours et d’échangeurs, ainsi que l’installation de nouveaux dispositifs de signalisation et d’éclairage. Au-delà du simple confort routier, c’est une question de sécurité publique et de fluidité logistique sur un axe emprunté quotidiennement par des milliers de véhicules, reliant non seulement Yaoundé et Douala, mais aussi des corridors stratégiques vers le Tchad et la Centrafrique.

Inscrite dans le Programme national de développement des infrastructures (PNDI), cette opération de sauvetage arrive cependant bien tard, au regard de l’importance de cet axe pour l’économie nationale et sous-régionale. Pendant des années, l’État a laissé la situation empirer, repoussant les travaux malgré les rapports alarmants et les drames routiers à répétition. La sollicitation de la BID – ainsi que d’autres bailleurs potentiels comme la Banque mondiale ou l’AFD – sonne comme une course contre la montre pour éviter une paralysie complète du trafic sur cette route vitale.

Si les autorités espèrent que cette modernisation relancera les échanges commerciaux et améliorera la vie des usagers, la réussite du projet dépendra de la capacité à garantir transparence dans l’exécution, rigueur dans les délais, et qualité des travaux. Car pour de nombreux Camerounais, ce n’est plus seulement une route qu’il faut reconstruire, mais la confiance dans la capacité de l’État à gérer ses infrastructures essentielles.

Gilles Noubissi

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