Le gouvernement Biya et la Banque islamique de développement (BID) ont validé, le 13 novembre 2025, un financement de 212,35 millions d’euros (soit un peu plus de 138 milliards de FCFA) destiné à la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam, axe vital pour les échanges entre les deux principales métropoles économiques de l’Ouest et du Littoral. Cet engagement financier, présenté comme un levier stratégique pour fluidifier la circulation des biens et des personnes, relance un projet attendu depuis des années, dans un contexte où l’état de la route continue de pénaliser les transporteurs, les entreprises et les populations.
Selon les autorités, cette enveloppe permettra de moderniser l’itinéraire et de renforcer l’interconnexion entre les deux villes. La phase opérationnelle devrait s’accélérer en 2026, avec le lancement d’un appel d’offres international pour sélectionner les entreprises chargées des travaux. Mais si le calendrier se veut rassurant, les précédents chantiers routiers au Cameroun incitent à la prudence : retards chroniques, dépassements de coûts, et faible suivi institutionnel ont souvent freiné l’impact réel des financements extérieurs.
Ce nouvel appui de la BID illustre la solidité d’une coopération vieille de cinquante ans entre le Cameroun et l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Depuis 1974, plus de 514 milliards de FCFA ont été mobilisés par les institutions financières islamiques dans le pays, avec un portefeuille actif de 19 projets, dont 43,2 % relèvent du secteur des transports. Cette concentration reflète à la fois l’importance stratégique des infrastructures et la persistance d’un déficit structurel que le gouvernement peine à combler.
Reste que, si l’annonce du financement constitue une étape décisive, l’enjeu central (l’exécution transparente, rapide et conforme des travaux) demeure entier. Dans un contexte où les infrastructures sont régulièrement citées comme l’un des principaux freins au développement économique, la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam sera un test de gouvernance autant qu’un chantier technique. Les populations, elles, attendent surtout que cette fois, les promesses se traduisent en résultats visibles.
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