Le gouvernement rappelle la FECAFOOT à l’ordre
À quelques mois des élections, la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) est au cœur d’une nouvelle controverse. Dans une correspondance adressée à son président Samuel Eto’o, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (MINSEP) met en garde l’instance faîtière du football national contre les dérives constatées dans le processus électoral en cours et exige un retour strict à la légalité. Le ministère rappelle que les statuts adoptés par l’Assemblée générale de la FECAFOOT le 16 novembre 2024 n’ont pas obtenu le contrôle de conformité requis par la loi. Par conséquent, ce sont toujours les statuts consensuels du 13 juillet 2021 (élaborés conjointement avec la FIFA et la CAF) qui demeurent en vigueur et doivent encadrer les élections.
Plusieurs griefs sont relevés contre l’équipe dirigeante actuelle. Parmi eux :
la dissolution de bureaux élus dans une quinzaine de ligues départementales, remplacés par des comités provisoires jugés proches de l’exécutif fédéral ;
les modifications successives des textes organiques entre 2022 et 2024, perçues comme des restrictions des droits et libertés au sein de la fédération ;
l’exclusion de clubs et d’arbitres ayant pourtant payé leurs frais d’affiliation et de licences ;
l’intégration controversée de clubs créés récemment, soupçonnés d’être utilisés pour peser sur les scrutins ;
la suspension jugée arbitraire de dirigeants, notamment dans la région de l’Ouest, ainsi que le refus d’appliquer une décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) en faveur du président de la Ligue régionale du Noun.
Dans certaines régions (Nord, Adamaoua, Extrême-Nord), des clubs régulièrement affiliés auraient même été empêchés de participer aux championnats départementaux, entraînant de facto leur exclusion du processus électoral.
Pour le MINSEP, ces irrégularités alimentent un climat explosif et font planer la menace de graves perturbations. « Le processus électoral au sein de la FECAFOOT est sujet à de vives tensions susceptibles d’engendrer des troubles à l’ordre public sportif », avertit la correspondance, appelant à préserver l’intérêt supérieur de la Nation et l’unité du mouvement sportif.
Le ministère exhorte la FECAFOOT à corriger sans délai les anomalies dénoncées et à restaurer la confiance des acteurs. L’égalité entre candidats, la neutralité des organes électoraux et la transparence des opérations sont rappelées comme des principes intangibles.
En conclusion, le gouvernement exige une stricte conformité aux lois camerounaises, aux statuts validés par la FIFA et la CAF, ainsi qu’aux valeurs universelles de l’Olympisme, basées sur l’inclusion et la non-discrimination.
Alors que la bataille électorale s’annonce déterminante, le rappel à l’ordre du MINSEP place la FECAFOOT devant ses responsabilités : conduire un processus crédible et apaisé, ou plonger le football camerounais dans une nouvelle crise institutionnelle.
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