Le MRC dénonce une tentative d’assassinat contre la famille d’Olivier Bibou Nissack.
Un commando armé, partiellement cagoulé, se faisant passer pour des agents d’ENEO, a tenté de tuer la famille d’Olivier Bibou Nissack ce mercredi 23 juillet 2025 à Yaoundé, selon une déclaration officielle du MRC. Les faits se sont produits dans un appartement du quartier Kondengui, proche de la prison centrale, où l’épouse et les enfants de Bibou Nissack ont l’habitude de séjourner lors de leurs visites. L’assaut, d’une violence extrême, visait clairement à exécuter ses proches pour, selon les agresseurs eux-mêmes, « faire passer un message fort à ceux qui veulent prendre le pouvoir en octobre prochain ». Un jeune étudiant, seul présent sur les lieux, a été violemment passé à tabac et l’appartement méthodiquement saccagé.
Cette attaque, qui intervient à moins de trois mois de l’élection présidentielle, est décrite par le MRC comme un épisode de plus dans une campagne de terreur orchestrée par les extrémistes du régime en place. L’agression fait écho à l’assassinat encore impuni de Suzanne Zamboue en 2023 (épouse du coordinateur national du MRC) torturée puis tuée en pleine nuit dans sa maison pendant que son mari purgeait une peine de prison jugée arbitraire. Deux ans plus tard, ni les preuves fournies ni les suspects identifiés n’ont donné lieu à des poursuites sérieuses, renforçant l’impression d’une justice à deux vitesses au service d’intérêts politiques.
La déclaration de Mamadou Yakouba Mota, président par intérim du MRC, dénonce avec fermeté ces pratiques qu’il qualifie de “commando de la mort”, visant les figures de l’opposition et leurs proches. Sont également mentionnés comme cibles présumées : Maurice Kamto, Anicet Ekane, Jean Michel Nintcheu, Yacouba Mamadou Mota lui-même, ainsi que plusieurs intellectuels et militants du changement. Des informations concordantes évoqueraient des tentatives d’attentat à venir contre le Pr Kamto, dans un contexte de menaces croissantes sur les institutions électorales elles-mêmes.
Alors que le silence des autorités judiciaires et sécuritaires alimente un climat de peur et d’impunité, le MRC appelle à une enquête indépendante et à des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces actes. Mais au-delà de la justice, c’est la crédibilité même du processus électoral et la survie de l’État de droit qui semblent aujourd’hui suspendues à une ligne de plus en plus fine entre démocratie et barbarie.
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