Cameroon

Le PCRN suspend certains militants qui ont adhéré au mouvement Impact 100.

Nombreux sont ceux qui ont déjà reçu des lettres leur annonçant leur suspension du parti politique, avec pour motif leur adhésion au mouvement Impact 100, récemment lancé à Douala par 100 jeunes leaders, parmi lesquels l’honorable Nourane Fotsing et son époux Firmin Fotsing, ancien militant du PCRN.

Impact-100 : vingt propositions et une question sans réponse claire, mouvement citoyen ou parti en gestation ?

Dans les lettres de suspension, les responsables du PCRN évoquent l’incompatibilité entre le statut de militant du parti et celui de membre d’un autre mouvement politique. Ils s’appuient notamment sur l’article 3, alinéa 2, de la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 portant régime des partis politiques, qui interdit l’adhésion multiple, ainsi que sur l’article 84 du règlement intérieur du PCRN.

Dans la lettre adressée à un militant, le responsable du parti affirme avoir découvert, le 10 août 2026, son adhésion à un « nouveau mouvement politique ». Il indique lui avoir accordé un délai de 48 heures pour s’expliquer. Selon lui, la réponse apportée par l’intéressé, jugée « laconique et maladroite », aurait de fait acté sa démission du PCRN.

La lettre précise également que des « mesures conservatoires » ont été prises dès la découverte de cette adhésion et que seules les instances disciplinaires du parti, notamment le Conseil exécutif et statutaire (CES), pourraient décider d’une éventuelle réhabilitation. Le militant est par ailleurs invité à restituer, sans délai, tout le matériel et les documents du parti qu’il détient.

Pourtant, la plupart des militants de ce parti politique sont également membres du mouvement 11 millions de citoyens.

À l’origine, le mouvement ne se présente pas comme un parti politique. Il naît en 2017 sous la forme d’une campagne appelée « 11 millions d’inscrits », avec une idée centrale : mobiliser les Camerounais, particulièrement les jeunes, pour qu’ils s’inscrivent massivement sur les listes électorales et prennent part au processus démocratique.

Le mouvement a ensuite évolué et pris le nom de « 11 millions de citoyens ». Cabral Libii expliquait lui-même que sa mission était de mobiliser les Camerounais afin qu’ils participent au jeu démocratique et politique, notamment de trois manières :

  • Participer comme électeur : s’inscrire, voter ;
  • Participer comme candidat : encourager les citoyens à se présenter aux élections ;
  • Contrôler les élus : exercer un contrôle citoyen sur ceux qui obtiennent des mandats électifs.

Il y avait donc une logique beaucoup plus large que la simple inscription sur les listes électorales : faire du citoyen un acteur permanent de la vie politique, et non simplement quelqu’un qui vote une fois tous les cinq ans.

Pour ce qui est du mouvement Impact 100, la démarche est presque similaire.

D’après les déclarations de ses initiateurs, la mission première d’Impact 100 est de fédérer des Camerounais autour de la recherche et de la mise en œuvre de solutions concrètes aux problèmes du pays.

Le mouvement utilise le slogan « Le Temps des Solutions ». Il affirme vouloir dépasser les discours politiques traditionnels pour mettre l’accent sur les solutions pratiques susceptibles d’améliorer le quotidien des populations.

Autrement dit, son idée centrale peut être résumée ainsi : rassembler des citoyens et des compétences pour transformer les problèmes du Cameroun en solutions concrètes.

Ce qui ressort de son positionnement

Impact 100 se présente comme un espace collectif, et ses promoteurs insistent sur le fait qu’il ne serait pas construit autour d’une seule personne. L’objectif affiché est de fédérer plutôt que de simplement promouvoir un individu.

Son discours repose donc principalement sur trois notions :

  • Fédérer les Camerounais ;
  • Identifier les problèmes auxquels les populations sont confrontées ;
  • Proposer et mettre en œuvre des solutions concrètes, avec l’ambition d’avoir un impact réel sur la vie quotidienne.

Étant donné que le mouvement Impact 100 n’est pas un parti politique, tout comme le mouvement 11 millions de citoyens auquel appartiennent plusieurs militants du PCRN, on se demande bien quelles sont les réelles motivations pour lesquelles les militants qui ont adhéré à ce nouveau mouvement sont traqués et suspendus par le parti de Cabral Libii.

MMINews

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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