Alors que le pays retient son souffle dans l’attente des résultats de la présidentielle du 12 octobre, le préfet du Diamaré, Jean-Marc Ekoa Mbarga, tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, l’autorité administrative dénonce une « campagne de désinformation » orchestrée, selon lui, par des individus déjà identifiés, dont certains se réclament du corps des communicants. Ces derniers mèneraient des actions visant à « attiser la tension, la haine et la division » dans la ville de Maroua. Le préfet prévient que des « mesures répressives » seront appliquées à l’encontre de toute personne impliquée dans ces manœuvres de déstabilisation.
Le message intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Depuis la clôture du scrutin, les regards sont tournés vers Yaoundé où la Commission nationale de recensement général des votes a entamé ses travaux vendredi. Dans l’Extrême-Nord, région longtemps fragilisée par les attaques de Boko Haram, le risque d’escalade reste élevé. Les services du préfet affirment avoir découvert des réunions clandestines et des tentatives de recrutement de conducteurs de mototaxis pour alimenter des mouvements de contestation. Une situation que l’autorité entend maîtriser avant qu’elle ne dégénère.
Mais cette sortie officielle, au ton ferme, interroge sur la gestion du pluralisme d’opinions dans un contexte post-électoral délicat. Si la vigilance des pouvoirs publics peut se justifier par la nécessité de préserver l’ordre, certains observateurs redoutent qu’elle ne serve aussi de prétexte pour museler les voix dissonantes. L’ambiguïté du message (entre appel au calme et menace de répression) reflète la tension d’un pays où la méfiance politique reste profonde.
Dans un environnement déjà marqué par l’insécurité, la famine et la pauvreté, le moindre incident pourrait rallumer des foyers de colère. Le Réseau Fewsnet et l’International Crisis Group avaient d’ailleurs alerté, avant le vote, sur la possibilité de violences post-électorales dans les régions septentrionales. En rappelant sa détermination à préserver la paix sociale, Jean-Marc Ekoa Mbarga envoie un signal fort : celui d’une administration sur le qui-vive. Mais pour nombre d’habitants, la véritable stabilité ne viendra que d’une gestion transparente du processus électoral et d’un dialogue sincère entre gouvernants et gouvernés.
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