L’évêque de Bafoussam met en cause ELECAM et appelle à une justice électorale crédible
Dans un message fort et sans détour publié le 30 juillet 2025, Monseigneur Paul Lontsié-Keune, évêque de Bafoussam, alerte sur les dérives du processus électoral et interpelle publiquement ELECAM et le Conseil Constitutionnel, qu’il invite à « dire le droit et rien que le droit, loin de toute influence politique, administrative et partisane ». Inquiet face à la multiplication des manipulations, des intimidations et du rejet des recours légitimes, le prélat dénonce une élection verrouillée et dénuée de transparence. « Le peuple murmure… nous nous interrogeons », répète-t-il comme un refrain, pour souligner le profond malaise d’un peuple qui se sent trahi par les institutions.
À travers ce message, l’Église catholique, traditionnellement réservée dans l’arène politique, franchit un cap. Monseigneur Lontsié-Keune pointe du doigt une série d’anomalies : le report des élections législatives et municipales, le rejet systématique des requêtes sur la liste électorale, la militarisation préventive des villes avant la publication des candidatures retenues. « La vérité et la justice ont-elles besoin de la force des armes pour s’imposer ? » interroge-t-il, évoquant le déploiement des forces de l’ordre le 26 juillet, jour de la proclamation par ELECAM. Il s’alarme d’un climat où « les libertés publiques sont systématiquement restreintes », dénonçant au passage « le déni du droit, l’achat des consciences » et une « interprétation du droit à géométrie variable pour des fins politiciennes ».
Le ton devient plus grave encore lorsqu’il aborde l’absence d’alternance et la montée du tribalisme : « Dans notre grand et beau pays, si avancé comme nous savons le dire en démocratie, le mot alternance devrait-il faire peur ? » s’interroge-t-il. Il met en garde contre la banalisation du pouvoir absolu, citant le philosophe Claude Lefort : « Ceux qui exercent le pouvoir ne peuvent s’y maintenir qu’à condition de se soumettre à la règle du jeu démocratique ». Pour lui, « la fraude électorale ne peut jamais apporter la paix ; le non-droit ne peut jamais apporter la paix ; la peur ne peut jamais apporter la paix ».
L’évêque de Bafoussam conclut son message par une exhortation vibrante à tous les hommes de bonne volonté : « Nous voulons la paix, mais pas n’importe quelle paix. La paix dans le droit, la justice, la vérité, la lumière et l’amour ». À la veille du contentieux électoral, ce cri pastoral résonne comme un acte de courage et une mise en garde solennelle : la paix durable ne pourra venir que d’un État de droit réel, et non d’un simulacre démocratique imposé par la force et le mensonge.
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