Cameroon

L’UPC en plein naufrage devant le Conseil constitutionnel

Scène surréaliste ce mardi au Conseil constitutionnel : alors que trois figures de l’Union des populations du Cameroun (UPC) espéraient voir leur candidature réhabilitée pour l’élection présidentielle, deux cadres du même parti (Baleguel Nkot et Bapooh Lipot) se sont présentés chacun comme “secrétaire général” de l’UPC pour demander l’invalidation de toutes les candidatures émanant de leur formation. Le premier affirme que l’UPC est en coalition avec le parti UNIVERS d’Akere Muna, le second jure qu’elle soutient Paul Biya. Pourtant, un troisième secrétaire général, Sylvestre Nyeck Nyeck, officiellement reconnu comme secrétaire général exécutif, affirme pour sa part que le seul candidat valablement investi par le parti est le Dr Yamb Ntimba.

Initialement, les candidatures du professeur Bahebeck, du docteur Yamb Ntimba et d’Abdouraman Hamadou avaient été rejetées par Elecam pour cause de pluralité d’investitures. Tous trois ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester cette décision. Mais l’audience a viré au théâtre de l’absurde : au lieu de défendre le parti ou d’éclaircir la ligne officielle, Baleguel Nkot et Bapooh Lipot, aux positionnements politiques opposés mais au discours convergent, ont soutenu qu’aucun des trois n’avait été régulièrement investi, rendant caduques leurs prétentions.

Dans ce climat de confusion totale, chaque candidat présente une version différente de sa désignation. Le professeur Bahebeck évoque un congrès organisé à Bafoussam où il aurait été plébiscité, Yamb Ntimba fait valoir une investiture lors d’un congrès à Douala boycotté par Bahebeck, et Abdouraman Hamadou affirme avoir été choisi par la présidente nationale de l’UPC. Cette dernière version est contestée par Sylvestre Nyeck Nyeck, qui soutient qu’un tel acte, pour être valable, doit être validé par les instances dirigeantes du parti.

Ce qui se joue ici dépasse une simple bataille de leadership : c’est l’image d’un parti historique, jadis fer de lance de la lutte pour l’indépendance, qui s’effondre dans des querelles d’égos, de duplicité et d’alliances contradictoires. Au lieu de porter une voix forte à l’élection présidentielle, l’UPC étale ses divisions devant le pays tout entier. Reste au Conseil constitutionnel de trancher ce méli-mélo juridique, mais pour l’opinion publique, le verdict semble déjà tombé : l’UPC s’est sabordée.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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