Une usine de transformation du manioc, d’un coût de 15 millions de dollars (environ 8,5 milliards de FCFA), pourrait voir le jour au Cameroun avec l’appui de l’Indonésie. L’information vient de la presse indonésienne, notamment du Jakarta Globe, qui rapporte les déclarations de l’ambassadeur d’Indonésie au Cameroun, Agung Cahaya Sumirat, faites à Jakarta le 13 octobre 2026.
Le projet découle d’un protocole d’accord conclu lors du salon Trade Expo Indonesia 2025 entre l’entreprise indonésienne PT Asindo Tech, spécialisée dans l’ingénierie et la construction d’installations industrielles, et la société camerounaise Nego-Titans PLC. Les deux partenaires visent la production d’amidon de tapioca à partir du manioc.
Les 15 millions de dollars représentent la valeur de l’accord industriel. Ils ne signifient pas que les fonds ont été décaissés. Le financement doit encore être finalisé, de même que la préparation du site, l’installation des équipements et l’organisation de l’approvisionnement. Selon l’ambassadeur, la réalisation pourrait s’étaler sur deux à trois ans.
Plusieurs médias indonésiens indiquent que les autorités camerounaises auraient proposé de mettre à disposition jusqu’à 4 000 hectares pour soutenir le projet, à la suite d’échanges entre l’ambassadeur et des responsables camerounais en charge de l’économie. La localisation de ces terres et les conditions de leur exploitation restent à clarifier.
Le manioc est un produit de base de l’alimentation camerounaise, consommé sous forme de bâton, de gari ou de water fufu. Une grande partie de la production est pourtant vendue brute ou transformée de manière artisanale. Une unité industrielle ouvrirait de nouveaux débouchés aux producteurs, réduirait certaines pertes après récolte et créerait des emplois dans la production, le transport et la maintenance.
Le projet doit mobiliser des équipements, des compétences techniques et des ressources humaines venus d’Indonésie, un pays qui exploite industriellement le manioc, notamment pour l’amidon. Pour le Cameroun, l’enjeu est que ce transfert de savoir-faire se traduise par la formation de techniciens locaux. Les bénéfices pour l’économie nationale dépendront de la place réservée aux agriculteurs, aux travailleurs et aux entreprises camerounaises dans la chaîne de production.
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