Marlène Emvoutou démonte le discours de Paul Biya sur les femmes camerounaises
Ce 18 juillet, le président sortant Paul Biya a publié un message promettant, une fois de plus, de placer la situation des jeunes et des femmes « au cœur de ses priorités » en cas de réélection. « Le meilleur reste à venir », affirme-t-il dans un visuel soigneusement mis en scène, relayé par ses équipes de communication dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle de 2025. Mais à peine cette déclaration rendue publique qu’elle a suscité de vives réactions. Parmi les plus virulentes, celle de Marlène Emvoutou, figure connue pour ses prises de position tranchées sur la question des droits des femmes au Cameroun.
Dans une tribune largement partagée sur les réseaux sociaux, Marlène Emvoutou s’en prend frontalement au chef de l’État, qu’elle accuse d’avoir confisqué l’avenir des femmes camerounaises depuis plus de quatre décennies. Elle démonte, point par point, ce qu’elle considère comme une vaste imposture : la promesse d’un président qui, selon elle, n’a jamais eu de réelle volonté politique d’émanciper les femmes, malgré des décennies d’engagements affichés. Elle rappelle qu’aucune avancée significative n’a été enregistrée sur l’éducation des filles, l’adoption d’un Code de la famille ou l’accès des femmes aux hautes fonctions de l’État, et dénonce un mépris persistant pour la parité.
Cette réaction met en lumière le fossé grandissant entre les slogans de la présidence et le ressenti d’une partie de la société civile. « Après 43 ans, aucune femme n’a été nommée Premier ministre, ministre des Finances, de la Justice ou de la Défense », relève Marlène Emvoutou, qui dénonce une politique qu’elle juge sexiste et déconnectée des réalités. Elle fustige un système qui valorise davantage les figures superficielles des réseaux sociaux que les femmes méritantes issues des milieux académiques ou professionnels.
En creux, cette passe d’armes illustre une exaspération croissante à l’approche de l’élection présidentielle. Alors que le camp Biya mise une fois de plus sur des promesses de lendemains meilleurs, une partie des Camerounaises semble désormais plus exigeante : « Nous n’en pouvons plus. Libérez-nous », conclut Marlène Emvoutou dans un cri qui sonne comme un désaveu définitif.
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