Cameroon

Nouvel échec pour Robert Kona face à Cabral Libii

Le tribunal de grande instance de Mfou a infligé, ce 29 juillet 2025, un revers judiciaire cinglant à Robert Kona dans sa croisade contre le leadership de Cabral Libii au sein du PCRN. Saisie pour contester les résolutions du congrès de Nkolafamba qui avait confirmé Cabral Libii à la tête du parti, la juridiction a reconnu que les statuts internes donnaient pleinement compétence au président national pour convoquer ledit congrès. Résultat : la demande de suspension formulée par Robert Kona a été purement et simplement rejetée, assortie d’une condamnation aux dépens en faveur de l’avocat de Cabral Libii, Me René Roger Bébé.

Ce nouvel épisode judiciaire consacre, une fois de plus, la légitimité de Cabral Libii au sein du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), alors même que la bataille politique s’intensifie à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. La décision des magistrats de Mfou ne fait que renforcer une dynamique favorable à l’opposant, régulièrement attaqué par d’anciens alliés aujourd’hui marginalisés, comme Robert Kona, co-fondateur du parti, mais de plus en plus isolé sur l’échiquier politique.

Pour autant, Robert Kona ne semble pas désarmer. Dans une manœuvre aux allures de baroud d’honneur, il a saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir l’invalidation de la candidature de Cabral Libii à la présidentielle. Une requête qui, selon plusieurs analystes juridiques, a peu de chances d’aboutir tant les fondements invoqués apparaissent fragiles. Elle risque fort de s’ajouter à la longue liste de tentatives vaines visant à disqualifier un adversaire politique par des moyens judiciaires.

Ce bras de fer révèle, en creux, l’incapacité de certains acteurs à accepter les évolutions internes des partis et à jouer le jeu démocratique. Il pose aussi, plus largement, la question de la manipulation des institutions à des fins de règlement de comptes personnels. À l’heure où le Cameroun s’apprête à vivre une élection présidentielle cruciale, de telles querelles internes pourraient bien détourner l’attention des véritables enjeux politiques auxquels le pays est confronté.

Gilles Noubissi

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