Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a effectué mercredi 12 novembre 2025 une mission d’évaluation sécuritaire à Douala, sur instruction du président Paul Biya. Dans une ville encore marquée par les tensions post-électorales du 12 octobre, le membre du gouvernement a rencontré le gouverneur du Littoral, Samuel Ivaha Diboa, ainsi que les responsables des forces de défense et de sécurité. Objectif affiché : dresser un état des lieux précis des troubles qui ont secoué la capitale économique et réaffirmer la main ferme de l’État face aux contestations.
Selon les chiffres communiqués par le MINAT, 829 personnes ont été interpellées lors des manifestations post-électorales, dont 26 femmes et 36 mineurs. Un bilan qui traduit l’ampleur des débordements mais qui interroge aussi sur la réponse sécuritaire. Paul Atanga Nji a fustigé les « pyromanes politiques » qu’il accuse de « manipuler des enfants âgés de 12 à 14 ans à des fins de déstabilisation ». Le ministre a prévenu que la justice poursuivra les instigateurs, dénonçant des actes « égoïstes et anti-républicains ».
S’il a salué le professionnalisme des forces de l’ordre et la « majorité silencieuse » des habitants du Littoral pour leur attachement à la paix, le discours du ministre s’inscrit dans une logique de maintien de l’ordre plus que de dialogue. Cette approche, typique de la doctrine sécuritaire du régime Biya, vise à contenir toute remise en cause de l’autorité centrale, quitte à renforcer le sentiment de méfiance entre l’État et une partie de la population urbaine, particulièrement active sur les réseaux sociaux.
La présence de mineurs parmi les interpellés soulève toutefois une question cruciale : que révèle cet engagement d’enfants dans les manifestations, sinon un profond malaise social ? Comme le rappelait le penseur Achille Mbembe, « l’on n’échappera pas à une transition ». Le défi du pouvoir n’est donc pas seulement de rétablir l’ordre, mais de restaurer la confiance. Car dans un contexte où la répression remplace souvent le dialogue, l’équilibre entre stabilité et justice demeure fragile : et décisif pour l’avenir politique du Cameroun.
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