Cameroon

Le président Paul Biya se moque de l’opposition

Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a récemment exhorté la classe politique à faire preuve de retenue et de responsabilité à l’approche de l’élection présidentielle. Dans une déclaration publique, il a rappelé que la démocratie repose sur le respect mutuel et la confrontation pacifique des idées. « La démocratie, c’est aussi le respect de l’autre », a-t-il déclaré, appelant à une campagne électorale apaisée. Cependant, cet appel intervient dans un contexte où de nombreuses formations politiques, notamment issues de l’opposition, dénoncent des entraves constantes à l’exercice de leurs droits politiques. Le décalage entre le discours officiel et les faits interroge.

Les partis politiques sous pression constante

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, présidé par Maurice Kamto, demeure l’un des partis les plus affectés par les restrictions administratives. Depuis 2020, plusieurs meetings et tournées politiques organisés par cette formation ont été interdits ou brutalement interrompus par les autorités locales, souvent sans justification claire. Des militants ont été arrêtés, des cadres assignés à résidence, et des rassemblements dispersés, parfois de manière violente.

Malgré l’absence d’appels à la violence dans leur discours, les responsables du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun peinent à faire entendre leur voix sur le terrain. Cette situation a régulièrement été dénoncée par des organisations de défense des droits humains, tant au niveau national qu’international.

Le phénomène ne se limite pas au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. D’autres partis politiques, à l’instar du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale dirigé par Cabral Libii, ou encore le Parti Univers de Prosper Nkou Mvondo, ont également fait état d’obstacles dans la mise en œuvre de leurs activités politiques. Ces entraves vont des refus systématiques de déclarations de manifestations aux intimidations de militants sur le terrain.

Alors que l’échéance électorale d’octobre 2025 approche, la tension monte sur l’ensemble du territoire. Si Paul Biya prône un débat démocratique fondé sur la pluralité des opinions, la pratique sur le terrain reflète une réalité différente, où l’espace politique semble de plus en plus étroit pour les acteurs de l’opposition.

Le contraste entre les appels à la sagesse émanant du sommet de l’État et la réalité vécue par plusieurs partis politiques alimente le scepticisme d’une partie de l’opinion publique quant à l’effectivité du pluralisme démocratique au Cameroun.

Gilles Noubissi

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