Infrastructures

Sonara : un plan de relance en deux ans, entre promesses et lourdes incertitudes

La Société nationale de raffinage (Sonara) tente un nouveau pari pour renaître de ses cendres. Réunie en conseil d’administration le 13 août, l’entreprise a adopté un ambitieux « Plan d’Accélération des mesures de Restructuration et de Réhabilitation » (Parras 24), censé remettre en marche la raffinerie de Limbe d’ici 2027. Soutenu par l’État, ce programme veut restaurer la capacité de production et sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers. Mais derrière cette annonce, se dessinent de sérieux défis financiers et techniques qui interrogent sur la viabilité réelle de ce calendrier.

Sur le volet financier, la Sonara reste engluée dans une dette colossale. Aux 261 milliards de FCFA dus aux banques, s’ajoutent plus de 227 milliards aux traders internationaux tels que Vitol, Trafigura ou Mercuria Energy. Si l’entreprise assure rembourser grâce au prélèvement de 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe, la question centrale demeure : comment financer la réhabilitation sans alourdir davantage le fardeau de la dette ni grever les consommateurs ? L’annonce de potentiels partenaires financiers, comme UBAF ou ING, reste pour l’instant à l’état de promesse.

Techniquement, le chantier n’est pas moins complexe. La raffinerie doit être remise à son niveau d’avant le sinistre de mai 2019, qui avait ravagé une partie des installations. La société promet des travaux de réhabilitation, mais aussi un plan de renforcement des compétences du personnel afin de préparer la relance. Or, la capacité réelle du Cameroun à mobiliser expertise et capitaux pour un tel projet reste incertaine, surtout dans un secteur énergétique mondial où les choix se déplacent progressivement vers la transition verte.

En attendant la fin du programme, la Sonara tente de rassurer ses partenaires en garantissant la continuité de l’approvisionnement par des importations. Mais la dépendance prolongée aux produits raffinés de l’étranger, financée par des mécanismes d’endettement et des taxes sur les consommateurs, alimente un débat de fond : la réhabilitation de la Sonara est-elle une nécessité stratégique pour l’indépendance énergétique du Cameroun, ou un pari coûteux risquant d’accentuer la fragilité économique du pays ?

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

Recent Posts

How Tchiroma’s Victory in Fako Pushes the Government to Promise Unrealistic Projects

The Fako Division had long been known as the stronghold of the Cameroon People’s Democratic…

22 hours ago

Cameroonian Dr. Richard Munang Appointed Director of United Nations University

A Cameroonian respected scholar, Dr. Richard Munang, has been appointed Director of the United Nations…

1 day ago

Two weeks on, no answers: the silence around Eyong Ashu Christy’s death

A young nursing student, Eyong Ashu Christy, was stabbed to death in Kumba. Her name…

1 day ago

Jailed Peace Activist Abdulkarim Ali Calls for Prayer, Not Judgment, for Brenda Biya

Cameroonian Muslim scholar, peace activist and human rights defender Abdulkarim Ali has appealed to Cameroonians…

2 days ago

Nigerian Parliament Urges Govt Action Against Alleged Incursions by Cameroonian Military

By Tata Mbunwe Nigeria's House of Representatives has called on the Federal Government to take…

4 days ago

Pourquoi les utilisateurs camerounais peuvent faire confiance à une plateforme internationale à l’écoute des réalités locales

Les marques internationales de paris opèrent souvent selon une stratégie mondiale unique et un ensemble…

4 days ago