Stand Up For Cameroon dénonce un processus électoral “verrouillé” et un acharnement contre Maurice Kamto
Dans une déclaration ferme, la plateforme Stand Up For Cameroon (SUFC) dénonce un processus électoral “verrouillé, partial et profondément discrédité”, pointant particulièrement l’exclusion de Maurice Kamto, qualifiée d’injuste et révélatrice d’un acharnement politique. Pour le mouvement, cette disqualification, précédée de nombreuses attaques publiques de hauts responsables gouvernementaux, illustre à elle seule l’instrumentalisation des institutions contre les voix dissidentes à la veille d’une élection capitale.
Dans ce communiqué signé par Kah Walla, présidente du CPP, et Albert Moutoudou, président de l’UPC-MANIDEM, SUFC s’indigne du rejet de plusieurs candidatures majeures lors de la publication par ELECAM de la liste des prétendants à l’élection présidentielle d’octobre 2025. La plateforme dénonce également le climat répressif qui a entouré cette annonce, marqué par un déploiement sécuritaire inhabituel dans plusieurs villes du pays.
« L’acte d’ELECAM, loin de rassurer le peuple camerounais, confirme ce que nous dénonçons depuis des années : un processus électoral verrouillé, partial et profondément discrédité », souligne la déclaration.
Pour Stand Up For Cameroon, les trois piliers censés garantir un scrutin libre (ELECAM, le MINAT et le Conseil constitutionnel) ont failli à leur mission.
ELECAM est accusé de violations graves : absence de publication des listes électorales, refus de motiver publiquement les rejets de candidatures, manque de transparence dans la gestion du processus.
Le MINAT est pointé du doigt pour ses méthodes d’intimidation : convocations policières, interdictions de réunions politiques, menaces contre les partis. Un climat de terreur, selon SUFC, qui vise à dissuader toute mobilisation citoyenne.
Le Conseil constitutionnel, majoritairement composé de proches du pouvoir, est quant à lui accusé d’inertie, de partialité et d’incompétence volontaire, validant mécaniquement les décisions d’ELECAM sans offrir de recours crédibles aux contestataires.
Face à ce qu’elle qualifie de “simulacre électoral”, SUFC ne se contente pas de dénoncer. Le mouvement appelle à une véritable Transition Politique, portée par une mobilisation citoyenne déterminée, non violente et collective. Cette transition devrait permettre :
Une réconciliation nationale sincère,
La résolution durable des crises (anglophone, sociale, sécuritaire…),
Une réforme électorale crédible,
Une refondation des institutions,
La restauration de la souveraineté populaire.
« Même les candidats retenus ne sont pas à l’abri d’abus futurs dans un régime autoritaire. Dans ce contexte, il n’y a pas d’élection libre possible », avertit SUFC.
Refusant fatalisme, peur et repli, Stand Up For Cameroon en appelle à la convergence des forces sociales et politiques, et annonce le lancement de concertations intensifiées dans les jours à venir pour aboutir à une unité d’action autour des droits fondamentaux.
« Lorsque le peuple se lève, les choses changent », conclut la déclaration.
Dans un paysage politique marqué par la méfiance et la frustration, cette sortie musclée de SUFC entend poser les bases d’un sursaut citoyen face à ce qu’elle considère comme une confiscation organisée du pouvoir.
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