Cameroon

Un accident de circulation de trop créé une manifestation dans un village à l’ouest du Cameroun

Mercredi 23 juillet 2025, la colère a explosé à Fossang, dans la zone de Machoukoup, où les habitants ont bloqué la circulation sur l’axe Foumbot–Bangangté, l’un des plus fréquentés de la région. En cause : la mort tragique d’un adolescent de 14 ans, percuté par un véhicule lancé à vive allure. Pour les riverains, c’est la victime de trop. Ce drame, le quatorzième du genre en quelques mois dans le secteur, a provoqué une vague d’indignation et une paralysie totale de la route, reflétant une exaspération profonde face à l’inaction des autorités.

Sur place, les habitants parlent d’un sentiment d’abandon. « Nous demandons la venue immédiate du maire ou du sous-préfet, pas des promesses creuses », scande un manifestant, visiblement à bout. L’absence d’aménagements sécuritaires et la vitesse excessive des véhicules sont régulièrement dénoncées, sans qu’aucune mesure concrète ne soit prise. Pour une zone aussi densément habitée, le manque de ralentisseurs, de signalisations visibles ou de surveillance policière devient incompréhensible. Cette accumulation de négligences a transformé cette portion de route en corridor mortel.

Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre empathie et reproches. Si certains pointent une responsabilité partagée, évoquant le fait que des enfants jouent souvent sur la chaussée, d’autres dénoncent un discours culpabilisateur qui élude l’essentiel : l’État est attendu là où la vie est en danger. « C’est un drame évitable. Et chaque décès évitable est une faute collective », écrit un autre internaute, rappelant que la sécurité routière ne saurait être laissée à l’improvisation ou à la fatalité.

Ce qui se joue à Fossang dépasse le fait divers. C’est le symptôme d’un malaise plus profond : celui d’un pays où les infrastructures routières avancent souvent sans prendre en compte les vies qu’elles traversent. Si les autorités locales ne réagissent pas rapidement, la tension risque de se muer en crise durable. Ce que réclament les habitants n’est pas extraordinaire : juste le droit d’exister sans risquer la mort à chaque passage de voiture.

Gilles Noubissi

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