Cameroon

Un collectif citoyen presse les chefs religieux et traditionnels d’exiger le retrait de la candidature de Paul Biya

Dans une lettre ouverte incisive, le collectif Cameroon is Back, constitué de journalistes, universitaires et membres de la société civile, appelle les figures religieuses et traditionnelles du Cameroun à « prendre leur juste place dans un moment critique de notre histoire nationale » en réclamant publiquement le retrait de la candidature de Paul Biya. Pour ces signataires issus de la diaspora et du pays, le président Paul Biya, âgé de 92 ans, incarne désormais « un pouvoir usé, figé, dirigé par procuration », dont le maintien menace l’équilibre national.

Le collectif dénonce une « crise multidimensionnelle : sociale, économique, politique, morale », et accuse le régime d’avoir plongé le pays dans une impasse. « Le désespoir se lit sur les visages, l’exode et la dépravation de mœurs s’intensifient chez les jeunes, et l’appauvrissement général frappe aussi bien les campagnes que les villes », alertent les auteurs. Face à cela, ils interpellent les chefs religieux : « Peut-on rester neutre quand le peuple meurt en silence ? Peut-on parler du Royaume des cieux en détournant le regard des injustices terrestres ? ».

Le texte, d’une rare franchise, reproche à certains dignitaires religieux et traditionnels leur silence ou leur complaisance à l’égard du pouvoir. « Votre neutralité, dans les faits, protègerait le statu quo », affirment-ils, tout en appelant à un sursaut moral : « Nous vous appelons à demander le retrait de la candidature de M. Paul Biya, pour protéger l’avenir de notre pays, pour aider l’État et les institutions à retrouver leur dignité perdue. » Le collectif exhorte également les chefs traditionnels à rompre avec « la logique des faveurs et des privilèges » pour défendre leur peuple et leur patrimoine : « Si vous ne le faites pas maintenant, quand le ferez-vous ? ».

Au-delà du rejet de la candidature du président sortant, Cameroon is Back propose une perspective d’unité et de refondation nationale. « Il ne s’agit pas seulement de s’opposer au régime Biya, mais de proposer ensemble un programme d’alternance cohérent, crédible, et susceptible de restaurer l’espoir au sein de notre nation meurtrie », précisent les signataires. Car pour eux, « l’élection du 12 octobre 2025 n’est pas une simple élection. C’est un référendum particulier. Il s’agit de dire NON à la mort de la Nation et OUI à la reconstruction du Cameroun. »

Gilles Noubissi

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