Cameroon

40 ans après Nyos Paul Biya brille toujours par sa passivité face aux drames dans le pays

Ce 21 août 2026 marque les 40 ans de la catastrophe du lac Nyos. En quatre décennies, plusieurs drames majeurs ont frappé le Cameroun alors que Paul Biya se trouvait parfois à l’étranger. D’autres sont survenus alors qu’il était au pays, sans qu’il se rende personnellement sur les lieux. Une chronologie qui interroge aussi sur ses séjours à Genève et sur ses réactions lors de ces tragédies.

Le 21 août 1986, le lac Nyos, dans le Nord-Ouest, libère brutalement une importante quantité de dioxyde de carbone. Le gaz se répand dans les villages environnants et tue près de 1 800 personnes. Paul Biya est alors au Cameroun et se déplace dans la région quelques jours plus tard. Nyos reste, dans cette chronologie, le seul grand drame pour lequel le président se rend personnellement vers la zone sinistrée.

Le 5 mai 2007, le crash du Boeing 737 de Kenya Airways à Mbanga-Pongo fait 114 morts. La localisation exacte de Paul Biya ce jour-là n’est pas suffisamment établie dans les archives accessibles. Une rumeur le situe toutefois à Genève. Ce qui est certain, c’est qu’il ne se rend pas sur le site. Neuf ans plus tard, le 21 octobre 2016, le train Yaoundé-Douala déraille à Eséka. Paul Biya est alors à l’étranger, après l’Assemblée générale de l’ONU à New York et un séjour privé en Europe. Il rentre le 23 octobre, soit deux jours après la catastrophe, et s’exprime à son arrivée à Nsimalen.

Le 29 octobre 2019, un glissement de terrain meurtrier frappe Ngouache, à Bafoussam. Cette fois, Paul Biya est au Cameroun. La veille, il recevait au Palais de l’Unité l’ambassadeur de Suisse. Il ne se rend pas sur les lieux. Le 24 octobre 2020, à Kumba, dans le Sud-Ouest, des élèves sont tués dans leur école. Paul Biya se trouve alors en Suisse. Sa réaction intervient à distance et il décrète ensuite une journée de deuil national.

Le 5 novembre 2024, un double éboulement frappe la falaise de Dschang. Des véhicules, des engins et des voyageurs sont ensevelis. Le bilan, initialement de quatre morts, atteint douze victimes quelques jours plus tard, tandis que les recherches se poursuivent. Paul Biya est au Cameroun, mais ne se rend pas sur place. Son ministre des Travaux publics transmet ses condoléances aux familles.

Enfin, le 14 août 2026, alors que Paul Biya séjourne à Genève depuis le 7 juin, un grave accident survient à Ndikiniméki. Le président ne rentre que le 20 août, après 74 jours d’absence, soit six jours après le drame. Dans cette chronologie, Nyos apparaît ainsi comme une exception : en 1986, Paul Biya était au pays et s’était déplacé. Quarante ans plus tard, plusieurs catastrophes ont été gérées sans sa présence physique sur les lieux. Les dates ne démontrent aucun lien entre ses séjours et ces drames, mais leur succession nourrit inévitablement les interrogations sur ses absences, ses silences et sa manière d’être présent (ou non) lorsque le Cameroun traverse ses heures les plus douloureuses. Et la liste n’est pas exhaustive.

MMINews

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

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