Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a officiellement désigné Alassane Ouattara comme son candidat pour la prochaine élection présidentielle prévue en octobre. La décision a été prise ce samedi à l’issue du deuxième congrès ordinaire du parti, organisé à Abidjan. Cette investiture, largement anticipée, intervient alors que le président ivoirien, au pouvoir depuis 2010, n’a pas encore lui-même confirmé s’il acceptera de briguer un quatrième mandat. Cette position prudente alimente le suspense politique à quelques mois d’un scrutin particulièrement scruté tant sur le plan national qu’international.
Un quatrième mandat qui interroge
Alassane Ouattara avait déjà fait débat en 2020 en sollicitant un troisième mandat, après le décès soudain de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly. À l’époque, il avait justifié sa candidature par la mise en place d’une nouvelle Constitution en 2016, qu’il estimait remettre les compteurs à zéro. Une position que l’opposition avait vivement contestée.
Si le chef de l’État accepte cette nouvelle investiture, il entrerait de facto dans la course pour un quatrième mandat, relançant les discussions sur la longévité au pouvoir, la stabilité des institutions et la question du renouvellement générationnel.
Le congrès du RHDP s’est voulu un moment de démonstration d’unité. Plusieurs figures du parti ont salué le leadership d’Alassane Ouattara, mettant en avant ses réalisations économiques et son rôle dans la préservation de la paix. Les partisans voient en lui un facteur de stabilité dans un contexte régional troublé.
La balle est désormais dans le camp du président Ouattara. S’il accepte cette proposition, la campagne électorale s’annoncera sous haute tension, dans un climat politique où les questions de transition démocratique et de limitation des mandats restent au cœur des débats. Le silence du président, pour l’heure, laisse ouvertes toutes les spéculations. Mais une chose est sûre : le RHDP est prêt à repartir avec son chef historique, tandis que les regards se tournent désormais vers la réaction de l’opposition et les éventuelles candidatures concurrentes.

