Dans une scène inédite survenue à Dargala, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, le député Salmana Amadou Ali a été sommé de quitter sa localité natale par une foule mécontente. Ancien proche d’Issa Tchiroma Bakary, il est accusé d’avoir changé de camp en rejoignant Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, et d’avoir tenté de faire campagne pour le président Paul Biya dans sa région d’origine.
Une réaction violente et sans équivoque
Selon des témoins, Salmana Amadou Ali n’a eu que trente minutes pour quitter les lieux. Certains habitants, très en colère, lui auraient même suggéré d’appeler Yaoundé pour être évacué en hélicoptère. Ce rejet brutal illustre la colère d’une partie de la population envers des représentants politiques perçus comme opportunistes, qui trahiraient leurs engagements au profit d’intérêts centralistes.
Une fracture politique dans le Grand Nord
Le cas de Salmana reflète une tension grandissante dans les régions du Nord, longtemps considérées comme des bastions sûrs du pouvoir en place. Les jeunes de Dargala dénoncent une gouvernance descendante qui ignore les réalités locales et les attentes des populations. Ce mouvement de rejet s’inscrit dans un contexte plus large de contestation silencieuse qui gagne du terrain avant les élections présidentielles de 2025.
Vers une recomposition politique des périphéries camerounaises ?
Cet épisode à Dargala pourrait annoncer une recomposition politique importante dans les régions périphériques du Cameroun. Alors que le pouvoir central tente de renforcer son emprise à travers des alliances stratégiques, les populations locales rappellent que la légitimité politique se gagne sur le terrain, avec loyauté et cohérence, et non depuis la capitale.

