La souffrance aura duré des années pour le petit Tonye Mael, âgé de six ans. Mais l’espoir renaît pour l’enfant, après l’interpellation de son père, Tonye Armel, enseignant de géographie au lycée bilingue de Ndogpassi, à Douala, accusé de maltraitances répétées.

Né d’une union aujourd’hui dissoute, Mael avait grandi auprès de sa mère, Line, dans la maison familiale du quartier Bilongue, entouré de l’affection de ses grands-parents et de ses proches maternels. La vie, bien que modeste, y était harmonieuse. Tout bascule au moment de sa scolarisation. Si la première année se déroule sans heurts, la suivante marque le début d’un long calvaire. Tonye Armel exige de prendre la garde de l’enfant en contrepartie du paiement de ses frais scolaires. Chômage oblige, Line finit par céder.
Dans un premier temps, l’enfant est envoyé à Yaoundé, où sa scolarité se déroule sans incident majeur. Mais son retour à Douala, auprès de son père et de sa belle-mère, se transforme en cauchemar. Bastonnades, privations et humiliations rythment désormais son quotidien. Alertée par les blessures visibles sur le corps de son fils, sa mère tente d’intervenir. Tonye Armel justifie ses violences en affirmant qu’il cherche simplement à corriger un enfant « têtu ». Peu après, il coupe tout lien entre l’enfant et sa mère, allant jusqu’à lui interdire de le voir à l’école.
Le départ de Line à l’étranger, pour des raisons professionnelles, ne fait qu’aggraver la situation. Privé de soins et de confort, Mael sombre dans un état de grande fragilité. C’est une visite inopinée de la sœur aînée de Line qui révèle l’ampleur du drame : le garçon est retrouvé amaigri, porteur de cicatrices de fouet, avec un bras fracturé et un pied mal soigné.
Saisie par la famille maternelle, la police interpelle Tonye Armel, placé en garde à vue au commissariat du 14ᵉ arrondissement de Douala. Confronté aux faits, l’enseignant affirme n’avoir voulu que « corriger » son fils, admettant que la fracture du bras est survenue dans un moment d’agitation. Ses explications sont jugées irrecevables. La commissaire a transmis son rapport au procureur, qui devra décider des poursuites judiciaires.
La compagne de Tonye Armel, également soupçonnée dans cette affaire, est en fuite. Selon les dernières informations recueillies, elle se cacherait chez la sœur de l’enseignant.