Les cacaoculteurs du département du Haut-Nkam, dans l’Ouest du Cameroun, ont bouclé la campagne 2024-2025 avec des revenus estimés à 13 milliards de FCFA, selon les chiffres officiels dévoilés le 5 septembre dernier. Portée par le dynamisme du bassin de production de Kékem, cette performance s’appuie sur la commercialisation de 3 000 tonnes de fèves, à un prix moyen de 4 300 FCFA le kilogramme.

Lors de la même cérémonie, consacrée à la remise des primes à la qualité pour les campagnes 2020-2021 et 2021-2022 (soit 85 millions de FCFA redistribués), l’Office national du cacao et du café (ONCC) a précisé que le revenu des planteurs du Haut-Nkam se situe au-dessus du prix minimum garanti de 3 210 FCFA, mais reste en deçà des pointes observées à 5 400 FCFA ailleurs dans le pays. Ces écarts illustrent la volatilité du marché et les disparités de rémunération entre bassins de production.
À l’échelle nationale, la campagne 2024-2025 a généré environ 1 200 milliards de FCFA pour les producteurs camerounais. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, n’a pas manqué de souligner que ces montants placent le Cameroun parmi les pays offrant les meilleurs revenus aux cacaoculteurs, un argument qui mérite cependant d’être nuancé au regard du coût élevé des intrants et du poids de l’intermédiation.
Si la manne financière du cacao reste incontestable, une partie des acteurs du secteur continue de réclamer une meilleure redistribution des marges et des investissements accrus dans les infrastructures rurales. Car derrière les milliards affichés, la réalité quotidienne des planteurs reste marquée par des défis structurels : accès limité au crédit, routes dégradées et faible mécanisation des cultures.