La localité de Manki 2, dans le département du Noun, est sous le choc après la découverte des corps sans vie de deux fillettes âgées de 3 et 5 ans dans un bois voisin. Les premières informations pointent vers un drame familial d’une rare cruauté : le père des enfants, un certain Souley, serait le principal suspect de ce double infanticide. Selon les témoignages recueillis, il aurait enlevé ses filles après une visite chez son ex-compagne avant de menacer la famille de ne plus jamais les revoir sans le versement d’une rançon de 500 000 FCFA.

Quelques heures après cet appel glaçant, un berger aurait fait la macabre découverte : les corps mutilés des deux enfants abandonnés dans la forêt. L’annonce a provoqué une onde de choc dans toute la communauté, plongée dans la stupeur et l’incompréhension. Les forces de l’ordre, alertées par les habitants, ont immédiatement lancé une enquête pour retracer le parcours du père, qui aurait finalement été interpellé à Foumbot, chez sa mère, selon des sources locales encore non confirmées.
Au-delà de l’horreur du geste, ce drame soulève de vives interrogations sur la montée des violences intrafamiliales dans le Noun, une région déjà marquée par de nombreux conflits conjugaux et des tensions économiques persistantes. Ces dernières années, plusieurs affaires similaires ont été signalées, souvent dans l’indifférence générale, faute de dispositifs de prévention efficaces et d’un accompagnement social adapté.
Ce nouveau drame met cruellement en lumière la fragilité des mécanismes de protection de l’enfance dans les zones rurales du Cameroun, où les services sociaux et psychologiques sont quasi inexistants. Tandis que la communauté de Manki 2 pleure ses deux jeunes victimes, les voix se multiplient pour réclamer des mesures concrètes face à la banalisation des violences domestiques : un fléau silencieux qui continue de briser des vies dans l’ombre.