Le gouvernement Biya prévoit de construire 200 nouveaux logements sociaux en 2026, un chiffre bien en deçà des besoins réels, après avoir enregistré un net retard sur son objectif de 2025. Sur les 675 logements programmés l’an dernier, seuls 230 ont été livrés, dont 140 à Yaoundé et 80 à Douala, soit à peine 34 % de la cible initiale. Malgré l’achèvement en cours de 224 logements supplémentaires, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, n’a pas expliqué les raisons de ce déficit, laissant planer des interrogations sur la capacité du ministère à respecter ses engagements.

Pour 2026, le ministère prévoit un budget global de 168,3 milliards FCFA, dont 140,1 milliards consacrés à l’investissement. Les 200 logements programmés s’inscrivent dans le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut) et seront construits à Bamenda et Buea, tout en poursuivant l’achèvement des 1 675 logements confiés aux PME locales. Parallèlement, le ministère prévoit la construction de 134 logements « abordables » pour les mototaxis de Douala et le suivi de 224 logements sociaux en partenariat avec la société italienne Pizzarotti. Ces efforts restent cependant insuffisants face à l’ampleur des besoins.
Le Cameroun fait face à un déficit structurel estimé à 2,5 millions de logements, aggravé par la croissance rapide des villes et une démographie soutenue. Depuis 2009, le pays a lancé un ambitieux programme de 10 000 logements sociaux, associé à l’aménagement de 50 000 parcelles constructibles, avec une phase pilote de 1 675 unités. À ce jour, près de 2 000 logements ont été livrés dans plusieurs villes, mais l’accès au foncier et la lenteur des procédures continuent de freiner l’expansion des projets.
Des partenariats avec des acteurs privés comme Pnhg, Addoha, Lafak et Wagas sont engagés pour lancer de nouvelles constructions, couvrant plusieurs milliers de logements. Néanmoins, l’impact immédiat sur le marché reste limité et soulève des questions sur la capacité du Cameroun à combler durablement son déficit, dans un contexte où les besoins en logements sociaux continuent de croître plus vite que les programmes gouvernementaux.
