Une décision administrative annoncée dans l’arrondissement de Douala 1er est à l’origine d’une montée de tension entre autorités administratives et responsables traditionnels sawa.
Tout commence avec un communiqué-radio-presse signé par le sous-préfet de Douala 1er, Arnaud Heungap. Dans ce document, l’autorité administrative informe les populations de Bonalembè et du quartier Grand Moulin qu’une consultation d’usage est prévue le 5 juin 2026 en vue de la désignation de chefs de troisième degré pour ces deux entités. Les travaux doivent se tenir respectivement à l’esplanade de la salle des fêtes d’Akwa et à la case communale du quartier Grand Moulin.

Quelques jours plus tard, le chef traditionnel de Bonatéki-Deido, Ekabouma Njo Sylvain, adresse un recours gracieux au sous-préfet. Dans sa correspondance datée du 22 mai 2026, il affirme que Grand Moulin ne constitue pas un village distinct mais un quartier relevant du village Bonatéki. Le chef traditionnel rappelle notamment une correspondance du préfet du Wouri datant de juillet 2004, selon laquelle Grand Moulin fait partie intégrante de la chefferie de troisième degré de Bonatéki.

La contestation prend ensuite une dimension plus large avec l’intervention du Ngondo, Assemblée traditionnelle du peuple sawa. Réuni en session extraordinaire le 1er juin 2026, l’organisme exprime son opposition à l’initiative du sous-préfet, estimant qu’elle ne respecte ni l’organisation traditionnelle sawa ni les textes administratifs en vigueur. Le Ngondo rappelle également la position de l’administration préfectorale du Wouri, qui avait déjà considéré Grand Moulin comme une composante du village Bonatéki.
Dans son communiqué, l’institution traditionnelle appelle les populations à demeurer attachées aux mécanismes d’intégration et au respect des autorités coutumières établies.

Parallèlement, sur les réseaux sociaux, plusieurs pages et plateformes dédiées à la culture sawa relaient des appels à la mobilisation des filles et fils sawa afin de s’opposer au projet annoncé pour Grand Moulin. Ces prises de position interviennent à quelques jours de la date retenue pour les consultations prévues par l’administration.
À ce stade, aucune réaction publique du sous-préfet de Douala 1er n’a encore été enregistrée en réponse aux objections formulées par la chefferie de Bonatéki et par le Ngondo. L’attention reste désormais tournée vers l’échéance du 5 juin, dans un contexte où les positions des différents acteurs apparaissent clairement établies.

