La Coupe du monde 2026 n’a pas encore débuté que ses pays hôtes ont déjà offert au monde un avant-goût spectaculaire. En l’espace de 48 heures, plusieurs sélections ont été confrontées à des situations pour le moins inhabituelles, transformant la phase de préparation en une succession de coups de théâtre extra-sportifs.
L’Angleterre entre balles et séisme
La malchance semble s’acharner sur les Three Lions. Dans la nuit de vendredi à samedi, une fusillade a éclaté à Kansas City, dans le Missouri, à quelques mètres seulement du centre d’entraînement et de l’hôtel que doit occuper l’équipe d’Angleterre pendant le tournoi. Selon les autorités locales, neuf personnes ont été blessées par balle aux alentours de 4 heures du matin sur la Troost Avenue, sans qu’aucun suspect ne soit pour l’heure interpellé.
Quatre jours après cette fusillade, c’est la terre elle-même qui a tremblé sous les pieds des joueurs de Thomas Tuchel. Un séisme de magnitude 6,1 s’est produit lundi 8 juin à Orlando, en Floride, où la sélection effectuait sa préparation finale. Il s’agirait du tremblement de terre le plus violent à frapper la région depuis 1880, avec un épicentre localisé aux abords de la côte ouest de Cuba. Plusieurs bâtiments ont été évacués, mais aucun dégât grave ni blessé n’a été signalé au sein de la délégation anglaise. Les autorités ont écarté tout risque de tsunami.
La Suisse assiégée par les serpents et les flammes
À San Diego, en Californie, la sélection suisse vit elle aussi une préparation pour le moins agitée. La fédération helvétique avait elle-même publié sur les réseaux sociaux un plan détaillé de son camp de base, signalant explicitement plusieurs zones entourant les installations comme des secteurs à risque en raison de la présence de serpents à sonnette.
Comme si cela ne suffisait pas, un feu de brousse s’est déclaré lundi matin dans la Sorrento Valley, à moins de dix kilomètres des installations de la Nati. L’incendie, parti aux abords de la Jewish Academy, le site d’entraînement de l’équipe de Murat Yakin, s’est rapidement propagé sur une trentaine d’hectares. Plusieurs quartiers résidentiels de San Diego ont été évacués sur ordre de la police, et l’hôtel des Suisses, le Fairmont Grand del Mar, s’est retrouvé classé en zone de vigilance maximale. Plus de 200 pompiers ont été mobilisés pour contenir les flammes. L’alerte a finalement été levée en fin d’après-midi, permettant aux joueurs de rester dans leur camp de base.
Le stade Azteca assiégé par la colère sociale
Au Mexique, c’est une autre forme d’incendie qui menace le coup d’envoi. Des milliers d’enseignants en grève, membres d’une branche dissidente du puissant syndicat de l’éducation CNTE, ont bloqué mardi le principal accès au stade Azteca de Mexico, qui accueillera jeudi le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud. Le mouvement, lancé il y a une semaine, réclame des augmentations de salaires et l’abrogation d’une loi sur les retraites. Les autorités ont déployé des milliers de policiers et installé des barrières en béton et des remorques pour empêcher la progression du cortège vers le stade. Les manifestants ont également installé un campement près du Zocalo, la place centrale de Mexico, où a été aménagée une zone pour les supporters. Un appel a par ailleurs été lancé à manifester le jour même du match d’ouverture.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a qualifié ces manifestations de « provocation », mais a exclu toute répression, assurant que « la célébration de l’inauguration de la Coupe du monde se passera dans la paix et la tranquillité ». Elle a toutefois annoncé qu’elle n’assisterait pas à la cérémonie d’ouverture.
Le coup d’envoi du Mondial 2026 est prévu pour ce jeudi 11 juin. Rendez-vous est pris.

