Les savonneries camerounaises exportent pour environ 53 milliards FCFA, mais leur approvisionnement en huile de palme reste fragile. C’est l’alerte que relaie Défis Actuels dans sa une du jeudi 1er octobre 2026, qui évoque un marché de 53 milliards FCFA menacé par la pénurie de cette matière première. Le montant est proche des recettes d’exportation de savons de ménage enregistrées en 2025.

Ces recettes se sont établies à 52,9 milliards FCFA, contre 34,2 milliards un an plus tôt. Les volumes ont suivi : 74 208 tonnes exportées en 2025, contre 56 624 tonnes en 2024, soit une hausse de 31,1 %. Le savon est ainsi entré dans le top 10 des exportations du pays. Le Nigeria en est le principal débouché : en 2023, le savon pesait 68 % des exportations camerounaises vers ce marché.
Cette dynamique repose sur une ressource que le pays ne produit pas en quantité suffisante. Les besoins non couverts sont évalués entre 200 000 et 300 000 tonnes par an, selon les acteurs du secteur. Fin 2025, le directeur général d’Opalm, Tarek Daoud, estimait le déficit national à environ 300 000 tonnes. Les raffineries et les savonneries ne tournent souvent qu’à une partie de leurs capacités, faute de matière première.
La tension a atteint un point critique en 2026. Lors d’une concertation tenue le 2 juin au ministère du Commerce, sous la présidence du ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, les participants ont indiqué que les disponibilités nationales étaient tombées sous le seuil de 10 000 tonnes. Le Cameroun prévoit donc de nouvelles importations au second semestre 2026. Les cours internationaux restent toutefois orientés à la hausse, portés notamment par la demande en biodiesel.
La facture extérieure s’alourdit déjà. Selon l’Institut national de la statistique, les importations d’huiles brutes ou raffinées sont passées de 69 719 tonnes en 2024 à 130 564 tonnes en 2025. En valeur, elles ont progressé de 49,9 à 92,2 milliards FCFA. En 2023, le gouvernement avait autorisé l’importation de 200 000 tonnes d’huile de palme pour approvisionner raffineries et savonneries.
Une réponse structurelle est engagée. En décembre 2025, Opalm a signé avec l’État un programme d’investissement de 45 milliards FCFA pour construire cinq unités de production. L’entreprise vise environ 108 000 tonnes supplémentaires par an, soit un peu plus du tiers du déficit estimé. Lors de la réunion du 2 juin, les parties prenantes ont aussi convenu de créer des comités techniques pour améliorer la coordination de la filière et réduire le commerce informel de l’huile en vrac.