Le Cameroun a profité de la 10e Conférence mondiale de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), tenue les 8 et 9 octobre 2026 à Bruxelles, pour défendre sa demande de levée de la suspension qui le frappe depuis février 2024. Aucune décision n’a été rendue à ce stade.

Le dossier a été présenté le 9 octobre aux responsables de l’initiative par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, en marge de la conférence, organisée sur le thème « La transparence pour une prospérité partagée ». Le ministre a exposé les mesures correctives prises au titre de l’Exigence 1.3 de la Norme ITIE, qui impose la participation pleine, effective et active de la société civile au processus. Un titre de la presse locale parle d’un pays « sur la bonne voie » pour obtenir cette levée.
Parmi les engagements mis en avant figurent la nomination d’un coordonnateur national adjoint, la publication des contrats pétroliers de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et la création d’un mécanisme de traitement des plaintes liées aux restrictions à la participation de la société civile.
Le Cameroun a été suspendu le 29 février 2024 par le conseil d’administration de l’ITIE, qui jugeait insuffisants les progrès sur l’implication de la société civile et pointait des contraintes sur les libertés d’expression et d’association. Le pays avait alors obtenu un score de 53 points. Il avait déjà été suspendu en avril 2021 pour n’avoir pas publié son rapport 2018, une mesure levée en juillet de la même année après la publication du document.
La suspension court jusqu’à la prochaine validation, qui doit débuter le 1er avril 2027. Le comité ITIE du Cameroun s’est réuni le 23 juin 2026 pour préparer une future demande de levée, puis le 30 juillet pour un suivi à mi-parcours. Le pays doit en outre publier d’ici le 31 décembre 2026 son rapport 2024 ; le rapport 2023 avait été rendu public fin décembre 2025.
Le calendrier reste incertain. Dans un article du 19 août, News du Cameroun, citant des indiscrétions, évoquait un possible maintien de la suspension en 2027, en lien avec la gestion du secteur aurifère.