Le Cameroun célébrera le 15 octobre 2026 la 31e Journée mondiale de la femme rurale. Pour cette édition, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) place l’autonomisation économique des agricultrices au centre de la réflexion, avec l’ambition de renforcer leur contribution à la croissance nationale.

Les grandes lignes de l’édition ont été présentées à Yaoundé, une semaine avant le lancement des festivités, par la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa lors d’une déclaration officielle. Elle y rappelle que la femme rurale est présente à toutes les étapes de la chaîne de valeur agricole, de la production à la commercialisation, et qu’elle représente plus de 70 % de la main-d’œuvre agricole. Elle la décrit comme le pilier de la sécurité alimentaire et de la résilience des ménages.
Cette contribution se heurte, selon la ministre, à un accès limité à la terre, au financement, aux intrants et aux marchés. Elle juge qu’il est temps de changer de paradigme pour donner aux femmes rurales les moyens de devenir de véritables entrepreneures. Le Minproff avance plusieurs leviers : la sécurisation des terres par un titre foncier, l’accès à des équipements modernes qui réduisent la pénibilité du travail, le renforcement des capacités de gestion, des financements adaptés et un meilleur rapprochement entre leurs produits et les acheteurs.
La ministre évoque aussi les difficultés qui pèsent sur les économies rurales : effets du changement climatique, flambée du prix des intrants, déficit d’infrastructures de stockage et de transport, lourdes pertes après récolte. Elle ajoute que les crises sécuritaires dans certaines régions aggravent cette situation.
La Journée mondiale de la femme rurale est célébrée chaque 15 octobre, la veille de la Journée mondiale de l’alimentation. Lors de l’édition 2022, la même ministre avait indiqué que les femmes rurales assurent 71,6 % de la main-d’œuvre agricole au Cameroun et produisent plus de 85 % des produits vivriers consommés. Elle avait alors cité, parmi les stratégies du gouvernement, le regroupement en coopératives, les formations, l’organisation des chaînes d’approvisionnement, la facilitation de l’accès à la propriété foncière, ainsi que l’octroi de subventions et de matériel.