Adamaoua sous les eaux : Ngaoundéré face à la fureur du ciel
Le ciel s’est littéralement effondré sur la ville ces derniers jours. Dans la capitale régionale de l’Adamaoua, les pluies diluviennes qui se succèdent depuis le début de la semaine ont semé le chaos. Selon nos sources locales et les données recueillies par notre rédaction sur le terrain, au moins quatre personnes ont perdu la vie, plusieurs habitations se sont écroulées, et des dizaines de familles se retrouvent à la belle étoile, démunies et en détresse.
Les torrents d’eau qui ont inondé les quartiers comme Baladji, Sabongari et Dang n’ont pas seulement provoqué des inondations : ils ont mis à nu une autre réalité, plus profonde et plus inquiétante. Celle de constructions précaires, érigées sans normes, souvent dans des zones à risque. Des murs fragiles, des fondations instables, des toitures de fortune… Sous la pression de la pluie, beaucoup n’ont pas résisté.
« Nous avons tout perdu. La maison s’est effondrée pendant que les enfants dormaient. C’est un miracle qu’ils soient vivants », témoigne Aïssatou, une mère de trois enfants rencontrée à Baladji 2, les pieds dans la boue et les yeux humides.
Selon les prévisions pluviométriques fournies par les services météorologiques nationaux, la saison des pluies devrait s’intensifier dans les semaines à venir sur l’ensemble du plateau de l’Adamaoua. Cette perspective inquiète les autorités locales qui appellent à la vigilance et à une meilleure préparation communautaire.
Le gouverneur de la région, ainsi que les services de la protection civile, ont déjà entamé une évaluation des zones à haut risque. Mais face à l’ampleur des dégâts, les moyens d’intervention restent limités, et l’alerte est lancée : il est urgent de renforcer la résilience des habitations et de sensibiliser les populations sur les dangers de l’urbanisation anarchique.
Les chefs de quartiers, accompagnés des autorités municipales, s’activent pour recenser les sinistrés et coordonner les premiers soutiens. Mais les besoins dépassent largement les ressources disponibles. Tentes, vivres, matelas, vêtements secs : tout manque. Le maire de Ngaoundéré 1er, joint par téléphone, plaide pour une intervention rapide du gouvernement central, afin d’éviter que la catastrophe ne prenne une tournure encore plus dramatique.
Ce drame n’est pas isolé. Il rappelle la vulnérabilité chronique de plusieurs villes camerounaises face aux caprices du climat. À l’heure où les changements climatiques accentuent l’imprévisibilité des saisons, il devient vital de revoir les plans d’urbanisation et les politiques de gestion des risques naturels.
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