Le lancement de la nouvelle ligne Douala-Johannesburg par la compagnie gabonaise Afrijet, le 12 août 2025, illustre cruellement l’incapacité de la compagnie aérienne nationale camerounaise, Camair-Co, à répondre aux besoins croissants de connectivité régionale. Avec deux vols hebdomadaires assurés par un Airbus A320 loué auprès de Global Airways, Afrijet relie Douala à Johannesburg via Port Harcourt, offrant un trajet direct et efficace aux voyageurs d’affaires et aux commerçants. Selon Fadimatou Noutchemo, directrice pays pour le Cameroun et le Nigeria, il s’agit « d’un nouveau pont aérien et d’une opportunité pour développer les affaires », renforçant la présence de la compagnie gabonaise entre l’Afrique centrale et l’Afrique australe.
Cette nouvelle ligne intervient après plusieurs reports liés à l’acquisition de la flotte et aux autorisations des autorités sud-africaines. Afrijet entend desservir cette route régulièrement, les mardis et vendredis au départ de Douala, avec des retours les mercredis et dimanches, utilisant son Airbus A320 et un ATR 42-600 récemment acquis pour compléter une flotte désormais portée à neuf appareils. Avec 1,5 million de passagers transportés au cours des neuf premiers mois de 2024, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente, Afrijet se positionne comme un acteur solide capable de rivaliser avec les géants régionaux comme Ethiopian Airlines, Kenya Airways ou RwandAir.
Pendant ce temps, Camair-Co reste incapable de maintenir des lignes régulières et compétitives. Les retards, annulations et plaintes des usagers se multiplient sur les réseaux sociaux, tandis que les compagnies étrangères occupent progressivement les créneaux stratégiques que la compagnie nationale n’a jamais su exploiter. Cette situation fragilise non seulement l’image de Camair-Co mais limite également les options de transport aérien fiables pour le Cameroun.
Le cas de Camair-Co est symptomatique d’un problème plus large : le manque de compétitivité des compagnies publiques africaines face à la concurrence régionale et internationale. Tant que l’État camerounais n’investira pas dans la modernisation du transport aérien et dans une gouvernance efficace, les compagnies comme Afrijet continueront de capter les marchés clés, offrant des services fiables là où la compagnie nationale s’enlise dans l’immobilisme et l’insatisfaction des clients.
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