Des riverains se mobilisent pour des actions en justice.
La lumière du soleil s’estompe dans le ciel du quartier Dragage situé dans le premier arrondissement de la ville de Yaoundé.
Bernard, Mireille et leur petite fille de neuf ans, sont assis sur un banc à l’endroit où était encore implantée leur maison il y a quelques semaines.
Ils y ont aménagé un toit de fortune pour se protéger des pluies qui s’abattent depuis peu sur la ville de Yaoundé. A l’heure du coucher, ils installeront un matelas recouvert d’une étoffe, qu’ils ont réussi à sauver des décombres de leur maison, rasée le 25 Août dernier.
Une profonde tristesse et douleur se lit sur les visages de cette famille. Au moment où nous lui tendons notre microphone, Bernard ne peut contenir ses larmes. La nouvelle des casses est tombée comme un couperet.
“Je suis dépassé. Je ne sais pas par où commencer. Ça va bientôt faire un mois que nous sommes dehors. Je suis un débrouillard. J’étais au travail, on m’a seulement appelé pour me dire qu’on est entrain de casser dragage. Le temps d’arriver ici, ils avaient déjà tout cassé. Je ne pouvais rien faire. Même le chef de quartier est touché.” se lamente t- il.
La maison du chef de quartier a été détruite, mais le drapeau tricolore du cameroun y flotte encore. Ces parents disent éprouver une énorme peine de voir leurs quatre enfants, élèves dormir à même le sol.
Les casses de dragage s’étendent sur une superficie d’environ deux hectares de terrain. De nombreuses familles dorment en plein air, au mépris de leur droit au logement. Aucune d’entre elle n’a été indemnisée.
Le jeudi 25 août 2022, une brigade de plus d’une centaine de gendarmes descendent sur le site de Mballa I/ Dragage pour raser les lieux. Selon Maître Noah, avocat et victime des casses, cette destruction est illégale. “Quand j’arrive, je vois un capitaine. Il est au niveau du groupement.
Les gendarmes n’étaient pas identifiables. Ils sont arrivés avec la voiture anti émeutes qu’on a coutume d’appeler Abraham. Quand j’interpelle le capitaine, je lui pose la question de savoir qui les a requis. Il me répond que c’est le préfet du Mfoundi, et la réquisition est entre les mains de l’huissier. “
Qui a autorisé les casses de dragage ? Tel est le nœud du problème. Maître Noah nous fait savoir que le préfet n’est pas compétent en ce qui concerne les décisions de justice. Seul un acte administratif pourrait l’autoriser à prendre une telle décision.
En outre, l’huissier de justice en charge de l’affaire a servi la veille des casses, un itératif commandement pour la destruction de cinq maisons, construites sur deux lots. Mais le lendemain, le jour des casses, celui-ci demande de raser le terrain tout entier.
Une plainte à été déposée contre la préfecture du Mfoundi, la gendarmerie nationale et l’huissier en charge des casses.
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