Cameroon

Convocation du corps électoral : Ce que prévoit le calendrier électoral

Le 11 juillet 2025, le président de la République a convoqué le corps électoral pour l’élection présidentielle prévue le dimanche 12 octobre 2025. À partir de cette date, c’est un enchaînement strict d’échéances électorales qui s’enclenche, tel que défini par le Code électoral camerounais. Si le processus semble balisé, il repose aussi sur un dispositif juridique rigoureux, dont le respect (ou non) pourrait fortement influencer la légitimité du scrutin à venir. Voici ci-dessous, ce que prévoit le calendrier électoral conformément à la loi électorale:

Le dépôt des candidatures est ouvert du 11 au 21 juillet (article 123), avant la publication officielle de la liste des candidats au plus tard le 13 août (article 126). En cas de décès ou d’inéligibilité d’un candidat, un remplacement est autorisé jusqu’au 22 septembre (articles 127 et 128). La campagne électorale se déroulera du 27 septembre au 11 octobre à minuit (article 87), pour un scrutin prévu le 12 octobre (article 86). Les procès-verbaux des résultats doivent être transmis au plus tard le 17 octobre (article 69), et la proclamation officielle par le Conseil constitutionnel interviendra au plus tard le 27 octobre (article 137). Le président élu prêtera serment au plus tard le 11 novembre (article 140).

Sur le plan contentieux, la loi prévoit deux grandes séquences. En phase pré-électorale, les contestations des listes électorales relèvent des commissions départementales ou du Conseil électoral (article 81). Quant aux recours contre le rejet ou l’acceptation d’une candidature, ou la contestation d’un sigle, emblème ou couleur, ils doivent être portés devant le Conseil constitutionnel dans un délai de 2 jours après la publication (articles 129 à 131). En phase post-électorale, les contestations des opérations de vote ou des résultats doivent être introduites dans les 72 heures suivant la clôture du scrutin (article 133) et le Conseil constitutionnel rend sa décision dans les 10 jours, sans appel possible (articles 134 à 136). En cas d’annulation du scrutin, un nouveau vote doit être organisé entre 20 et 40 jours (article 135).

En retraçant avec précision le cadre légal de cette présidentielle, l’exécutif donne des gages de transparence, du moins en apparence. Mais dans un pays où la confiance dans les institutions est minée par des décennies de pratiques autoritaires, la vigilance citoyenne et la capacité du Conseil constitutionnel à agir en toute indépendance seront déterminantes. Le respect rigoureux de ce calendrier – et surtout de ses mécanismes de recours – pourrait faire la différence entre un scrutin accepté et une élection contestée.

Gilles Noubissi

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