L’Assemblée nationale a adopté ce 14 novembre 2025 deux projets de loi autorisant la ratification d’accords diplomatiques et économiques stratégiques : l’un avec l’Algérie pour l’exemption mutuelle de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, l’autre avec le Qatar concernant les services de transport aérien. Présentés comme des avancées pour la mobilité diplomatique et l’ouverture aérienne du Cameroun, ces textes, validés sans réel débat public, soulèvent toutefois des questions sur leur portée concrète et sur la cohérence de la politique extérieure du pays.
Le projet de loi N°2089/PJL/AN, portant sur la suppression de visas avec l’Algérie, s’inscrit dans une dynamique de facilitation des échanges officiels entre les deux États. Si l’enjeu paraît limité au cercle diplomatique, il reflète une intensification des relations bilatérales dont les retombées restent encore floues pour le grand public. En l’absence de communication gouvernementale détaillée, difficile d’évaluer si cet accord répond à une stratégie d’influence réfléchie ou s’il s’agit simplement d’un geste protocolaire de plus.
Quant au projet de loi N°2088/PJL/AN sur l’accord aérien avec le Qatar, signé début 2025 à Doha, il ouvre potentiellement la voie à de nouvelles liaisons et opportunités économiques. Toutefois, dans un secteur aérien national fragilisé, la ratification d’un tel accord interroge : le Cameroun est-il réellement en position de négocier un partenariat équilibré avec une puissance aérienne mondiale ? L’absence de précisions sur les obligations, avantages et mécanismes de contrôle laisse planer un doute sur la capacité du pays à tirer profit de cet engagement.
Bien que ces deux textes aient été adoptés sans résistance notable, leur traitement discret et la faible transparence entourant leurs implications soulignent une fois encore les limites du processus législatif camerounais. À l’heure où le pays cherche à renforcer son positionnement international, ces accords devraient s’accompagner d’explications claires, de débats ouverts et d’analyses d’impact rigoureuses : faute de quoi ils risquent de n’être perçus que comme des signatures de plus dans un paysage diplomatique déjà difficilement lisible.
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