Cameroon

Et si la vraie fausse démission de Marc Brys était juste une stratégie pour distraire les Camerounais d’une volonté de changement politique ?

Depuis ce mercredi 23 juillet au matin, une affaire accapare l’attention nationale : la prétendue démission de Marc Brys, sélectionneur des Lions Indomptables, annoncée par la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), puis immédiatement démentie par l’intéressé. Dans une lettre adressée au ministre des Sports, Marc Brys évoque un piratage de sa messagerie et dénonce une manipulation. En quelques heures, l’affaire a relégué au second plan l’actualité brûlante de la présidentielle, alors même que les Camerounais semblaient de plus en plus unis dans leur volonté de tourner la page d’un régime en place depuis 43 ans.

Ce timing, pour le moins troublant, survient à un moment de tension politique maximale. Le président Paul Biya, 92 ans, est plus que jamais contesté, et la présidentielle de 2025 était en train de cristalliser les espoirs d’un changement profond. Mais voilà que le football, véritable opium national, surgit à nouveau comme par enchantement pour occuper le devant de la scène. Or, il est difficile d’ignorer les profils des deux hommes au cœur de cette manœuvre : Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, a récemment réaffirmé sur les antennes de RFI qu’il soutiendrait toujours le président Paul Biya. Quant à Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et professeur d’université, il est un fidèle militant du RDPC, le parti au pouvoir.

Les deux figures, étroitement liées au régime, ont tout intérêt à ce que le football serve une fonction de diversion politique. Ce n’est pas un hasard si la tension entre FECAFOOT et ministère s’emballe précisément quand l’agenda politique devient menaçant pour le pouvoir. Le terrain de football devient alors un théâtre de crise utile, un exutoire médiatique, un sujet consensuel qui désamorce les conversations trop sérieuses sur la légitimité du pouvoir en place. Et ce d’autant plus que la base des partisans du changement est elle-même divisée face à Samuel Eto’o : une partie le soutient encore, fascinée par son aura, tandis qu’une autre le voit comme un pion du système Biya.

Dans ce jeu trouble où le ballon rond sert de rideau à la réalité démocratique, les Camerounais doivent se poser les bonnes questions : et si cette affaire n’était qu’une distraction parfaitement orchestrée ? Et si le théâtre de la sélection nationale, en apparence chaotique, était en réalité un outil pour éloigner les regards de l’essentiel ? Une chose est sûre : l’histoire récente du Cameroun a prouvé que, souvent, quand la politique vacille, c’est le football qui prend le relais… pour mieux faire oublier le reste.

Mimi Mefo Info Francais (Editor)

Recent Posts

Myanmar Bans Book Exposing Trafficking of African Workers Into Scam Compounds, Rights Center Says

A human rights organisation has announced that a book examining the trafficking and forced labour…

13 hours ago

A Taste of Home, Thousands of Miles Away: How One Entrepreneur Is Connecting Cameroon’s Diaspora to Its Roots

For many Cameroonians living thousands of kilometres from home, missing Cameroon can show up in…

2 days ago

Kribi II: Several Pentecostal Churches Sealed for Lack of Authorization

Administrative seals were placed on the doors of several Pentecostal churches in Kribi II The…

2 days ago

Daïna Tikeng Fled an Abusive Marriage. She Was Later Found Dead Outside Yaoundé

The killing of Daïna Tikeng, the young woman, reportedly married for only two months, comes…

3 days ago

Université de Yaoundé I : deux réintégrations qui interrogent la légalité des actes

À l’Université de Yaoundé I, la question du respect des procédures administratives revient sur la…

3 days ago

Limbe City Council Issues August 21 Deadline for Evacuation from Risk Zones, But Where Will Residents Go?

Residents of two landslide-prone areas in Limbe have been ordered to permanently leave their homes…

4 days ago